Le Southern African Power Pool (SAPP) franchit une étape décisive vers l'unification du marché électrique africain. Selon Mziyanda Mbuseli, responsable de la surveillance des marchés au SAPP, les échanges d'électricité via des contrats bilatéraux ont augmenté ces six derniers mois, réduisant les volumes négociés sur les marchés à terme (mois, semaine, jour). Cette dynamique s'explique par des contraintes de production : une sécheresse persistante a affecté la production hydroélectrique, tandis que les infrastructures de transport peinent à suivre la demande.

Ce basculement vers les contrats directs reflète une stratégie d'adaptation face aux aléas climatiques et techniques. Le SAPP, qui regroupe 12 pays d'Afrique australe, mise sur cette approche pour stabiliser l'approvisionnement et préparer l'émergence d'un marché unique continental. « Les défis actuels ne remettent pas en cause notre vision, mais en accélèrent la mise en œuvre », souligne la structure dans un entretien accordé à ESI Africa.
Un réseau plus résilient pour l'Afrique
L'intégration des marchés électriques africains répond à un double enjeu : sécuriser l'accès à l'énergie et optimiser les ressources. Le SAPP permet déjà à des pays comme l'Afrique du Sud, le Zimbabwe ou la Zambie d'échanger des surplus ou de compenser des déficits. À terme, cette interconnexion pourrait s'étendre à l'Afrique de l'Est et du Nord, reliant Le Cap au Caire.

Accès à l'électricité — %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 27/08/2026. Pays : BFA = Burkina Faso ; ZAF = Afrique du Sud ; ZMB = Zambie ; ZWE = Zimbabwe.
Les prochaines étapes incluent le renforcement des infrastructures de transport et la diversification des sources d'énergie. « Nous travaillons à intégrer davantage de renouvelables pour réduire notre dépendance à l'hydroélectricité », précise Mbuseli. Une nécessité alors que les épisodes de sécheresse se multiplient, comme en témoigne la baisse de 15 % de la production hydroélectrique régionale depuis 2024.
Pour le Burkina Faso et les pays sahéliens, cette dynamique offre une opportunité : s'appuyer sur les réseaux régionaux pour combler les lacunes locales. « L'interconnexion est un levier de souveraineté énergétique », estime un expert du secteur. Reste à surmonter les obstacles techniques et financiers, notamment pour étendre les lignes à haute tension vers l'Afrique de l'Ouest.
Source : ESI Africa (énergie)
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