Le Jiangsu, province orientale chinoise parmi les plus densément peuplées et économiquement dynamiques du pays, vient de franchir un cap symbolique : 100 gigawatts (GW) de capacité solaire photovoltaïque installée. Une première en Chine, où cette région devient ainsi le fer de lance d’une transition énergétique accélérée, portée par des installations décentralisées plutôt que par de grands parcs solaires.

Panneaux solaires sur les toits d'une ville chinoise du Jiangsu, illustrant le solaire distribué
Le Jiangsu mise sur le solaire distribué pour atteindre 100 GW de capacité installée, une première en Chine.. Illustration IA par BNTIC News

Selon les données officielles publiées par State Grid Jiangsu Electric Power et relayées par l’agence Xinhua, la capacité cumulée du Jiangsu a atteint 100,08 GW fin juillet 2026. Le solaire représente désormais 38 % de la capacité totale de production d’électricité de la province, faisant de cette énergie la première source d’électricité installée, devant les centrales thermiques et hydrauliques.

Un détail frappe les observateurs : près de 70 % de cette capacité (69,29 GW) provient de projets solaires distribués, c’est-à-dire installés sur les toits des bâtiments, les parkings ou les zones industrielles. Cette approche, moins visible que les méga-parcs solaires du désert de Gobi, s’avère particulièrement adaptée aux régions densément urbanisées, où l’espace au sol est rare et coûteux. Elle permet aussi une production d’électricité au plus près des lieux de consommation, réduisant les pertes liées au transport et renforçant la résilience du réseau.

Un modèle pour l’Afrique ?

Si le Jiangsu, avec son PIB par habitant parmi les plus élevés de Chine, dispose de moyens financiers et technologiques hors de portée pour de nombreux pays africains, son expérience offre des enseignements précieux. Le solaire distribué pourrait en effet répondre à plusieurs défis majeurs du continent : électrification rapide des zones rurales, réduction de la dépendance aux énergies fossiles, et création d’emplois locaux dans l’installation et la maintenance des panneaux.

Au Burkina Faso, où seulement 22 % de la population a accès à l’électricité (Banque mondiale, 2023), des projets similaires, même à plus petite échelle, pourraient accélérer l’accès à une énergie propre et abordable. Des initiatives comme Scaling Solar, soutenues par la Banque mondiale, montrent déjà que le solaire décentralisé peut fonctionner en Afrique, à condition de lever les freins financiers et réglementaires.

Part des énergies renouvelables — CHN, BFA
Évolution de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la Chine et du Burkina Faso, illustrant l’écart mais aussi les progrès récents du continent africain.
Part des énergies renouvelables — %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 22/08/2026. Pays : CHN = Chine ; BFA = Burkina Faso.

Reste une question clé : comment transposer ce modèle dans des contextes où les réseaux électriques sont moins stables et les financements plus rares ? Le Jiangsu a bénéficié d’un soutien massif de l’État chinois, via des subventions et des incitations fiscales. En Afrique, les partenariats public-privé et les fonds climatiques internationaux pourraient jouer un rôle similaire, à condition de simplifier les procédures et de garantir la rentabilité des projets pour les investisseurs.

Une certitude émerge : le solaire n’est plus une énergie d’appoint, mais une solution centrale pour les économies en croissance. Le cap des 100 GW franchi par le Jiangsu en est la preuve tangible et une source d’inspiration pour les pays africains en quête d’autonomie énergétique.

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Source : pv magazine

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