L’Afrique se prépare à intégrer l’énergie nucléaire dans son mix énergétique, avec une feuille de route ambitieuse pilotée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Vingt-deux pays du continent explorent cette voie pour soutenir leur industrialisation, tandis que les projections tablent sur un décuplement de la capacité nucléaire africaine d’ici 2050, nécessitant des investissements dépassant 100 milliards de dollars.

Cette dynamique s’inscrit dans un cadre strict défini par l’AIEA, baptisé Milestones Approach. Ce processus en plusieurs phases vise à construire les infrastructures « dures » (centrales, réseaux) et « molles » (réglementation, compétences) indispensables à un programme nucléaire sûr et durable. L’objectif : éviter toute lacune, de la stabilité du réseau électrique à la législation en passant par la formation des experts locaux.
Pour l’Afrique, le nucléaire n’est plus une simple option technique, mais un enjeu de souveraineté énergétique. Le continent, riche en uranium, dépend encore largement des technologies d’enrichissement étrangères. Comme le souligne ESI Africa, ignorer cette ressource stratégique revient à exporter un atout tout en important une vulnérabilité. La centrale sud-africaine de Koeberg, dont la licence d’exploitation a été prolongée jusqu’en novembre 2045, illustre cette transition : un modèle pour les pays voisins.
Un défi de long terme, mais des retombées immédiates
L’engagement requis est colossal : un programme nucléaire s’étale sur au moins un siècle, de la planification à la déconstruction des installations. Pourtant, les bénéfices sont tangibles. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production nucléaire mondiale devrait croître de 2,8 % par an d’ici 2030, portée par la Chine et l’Inde. L’Afrique, avec ses besoins croissants en électricité, pourrait suivre cette tendance si les investissements se concrétisent.
Les réacteurs de troisième génération, comme l’AP1000 (Westinghouse) ou l’EPR (Framatome/EDF), offrent des garanties de sécurité accrues, mais leur coût et leur complexité restent des freins. En Afrique du Sud, où les coupures électriques récurrentes poussent à accélérer les projets, le choix des technologies sera crucial pour équilibrer innovation et viabilité économique.

Accès à l'électricité — %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 27/08/2026. Pays : BFA = Burkina Faso ; ZAF = Afrique du Sud ; EGY = Égypte ; MAR = Maroc.
Pour les pays africains, cette feuille de route représente une opportunité de maîtriser leur destin énergétique. Comme le note ESI Africa, chaque année sans stratégie nationale sur le combustible nucléaire est une année où l’Afrique exporte une richesse tout en important une dépendance. Un paradoxe que les 22 pays engagés dans ce processus entendent bien résoudre.
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Source : ESI Africa (énergie)
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