Starlink est devenu le premier fournisseur d'accès à Internet (FAI) du Zimbabwe par nombre d'abonnés, selon les derniers rapports trimestriels de l'Autorité de régulation postale et des télécommunications du Zimbabwe (POTRAZ). Un exploit réalisé en moins de deux ans après son lancement dans le pays.

Lancé en septembre 2024 au Zimbabwe, Starlink a connu une croissance exponentielle de ses abonnés, comblant un vide laissé par les infrastructures terrestres traditionnelles. Le pays, où l'accès à un Internet fiable et rapide reste limité, représente un marché sous-desservi idéal pour cette technologie satellitaire.
Les rapports de la POTRAZ, scrutés par les analystes du secteur, révèlent que cette percée s'explique par plusieurs facteurs : la simplicité d'installation des kits Starlink, la couverture étendue même dans les zones rurales, et des tarifs compétitifs face aux offres locales. Contrairement aux connexions fibre ou ADSL, qui nécessitent des infrastructures coûteuses, Starlink offre une solution clé en main accessible partout sur le territoire.
Cette domination marque un tournant pour l'Afrique australe, où les disparités d'accès à Internet freinent le développement économique et éducatif. Le Zimbabwe, avec une population de près de 17 millions d'habitants, illustre le potentiel des technologies satellitaires pour réduire la fracture numérique sur le continent.

Utilisateurs d'Internet — %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 23/08/2026. Pays : ZWE = Zimbabwe ; BFA = Burkina Faso ; ZAF = Afrique du Sud.
Pour le Burkina Faso et d'autres pays africains confrontés à des défis similaires, cette réussite pourrait accélérer l'adoption de solutions satellitaires. Starlink, déjà présent dans plusieurs pays du continent, montre que l'innovation technologique peut contourner les limites des infrastructures terrestres pour offrir un accès universel au numérique.
Un modèle reproductible en Afrique ?
L'expérience zimbabwéenne soulève des questions sur l'avenir des télécommunications en Afrique. Si Starlink a su s'imposer dans un marché concurrentiel, son succès repose sur un écosystème favorable : une demande non satisfaite, une régulation ouverte aux nouveaux acteurs, et une population avide de connectivité.
Les opérateurs historiques, souvent dépendants de réseaux fibre vieillissants, pourraient être contraints de revoir leurs stratégies. Certains misent déjà sur des partenariats avec des acteurs satellitaires pour étendre leur couverture, tandis que d'autres investissent dans des infrastructures hybrides combinant fibre et satellite.
Reste à voir si ce modèle sera durable à long terme. Les coûts des terminaux Starlink, bien que compétitifs, restent un frein pour les ménages les plus modestes. Par ailleurs, la dépendance à une technologie étrangère pose des questions de souveraineté numérique, un enjeu crucial pour les États africains.
Quoi qu'il en soit, cette première place au Zimbabwe confirme que l'Internet par satellite n'est plus une solution d'appoint, mais une alternative crédible pour connecter l'Afrique. Une révolution silencieuse, mais aux conséquences majeures pour l'économie, l'éducation et la santé du continent.
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Source : CleanTechnica
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