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Ouagadougou, 20 juillet 2026. Au Burkina Faso, la rentrée technologique s'annonce sous le signe d'un pari clair : faire de la jeunesse le moteur de la transformation numérique. Alors que le pays multiplie les investissements dans les infrastructures et l'énergie, la formation aux métiers du digital, intelligence artificielle, cybersécurité, cloud computing, s'impose désormais comme l'autre chantier stratégique du moment.

L'accès à l'électricité reste le socle de cette ambition. Le gouvernement burkinabè poursuit le renforcement de ses capacités énergétiques, avec un projet de centrale destiné à accroître la production nationale et à soutenir ménages, entreprises et industries. Un préalable dont les esprits les plus technophiles mesurent toute l'importance : sans énergie stable et abordable, point de centres de données, de calcul intensif ni d'économie numérique compétitive.

Sur le volet compétences, une initiative attire particulièrement l'attention : le Fonds d'appui à la formation aux métiers du numérique et du futur (FAFMNF), déployé par la Fondation Orange Burkina Faso. Le dispositif accompagne des étudiants burkinabè dans des filières d'avenir comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud computing et les technologies numériques, avec l'ambition de constituer un vivier local de talents capables de saisir les opportunités de l'économie digitale.

Cette dynamique du privé rejoint l'action publique. Le pays s'est doté récemment d'une feuille de route nationale sur l'intelligence artificielle 2026-2030, destinée à structurer un écosystème d'IA responsable dans l'administration, la santé, l'agriculture et l'éducation. Mi-juillet, une trentaine de députés ont même suivi une formation dédiée aux enjeux de l'IA, afin de préparer l'examen des futures lois numériques. Quelques jours plus tôt, Ouagadougou accueillait le Salon international des professionnels de l'économie numérique de l'UEMOA (SIPEN), placé sous le thème de la refondation de l'économie numérique régionale autour de l'IA, des FinTech et de la finance inclusive.

Reste le nerf de la guerre : le financement. Lors du SIPEN, Antoine Ngom, président du Regroupement des organisations des professionnels des TIC, rappelait que moins de 5 % des financements bancaires irriguent aujourd'hui le secteur numérique, alors même que celui-ci s'annonce comme l'un des principaux moteurs de création de valeur de demain. Former des centaines de jeunes développeurs, analystes en cybersécurité ou ingénieurs cloud ne suffira donc pas : encore faudra-t-il financer les start-up et les projets qui les embaucheront.

À l'échelle du continent, le diagnostic est similaire : énergie, technologies, éducation et innovation dessinent les piliers d'une Afrique plus compétitive, forte de sa jeunesse et de sa capacité croissante à inventer des solutions adaptées à ses réalités. Au Burkina Faso, la mécanique est enclenchée. Il reste à l'amplifier et à vérifier, indicateurs à l'appui, que cette génération formée deviendra bien la génération employée.

 

 

Source originale : FasoAmazone.net — article publié le 20 juillet 2026
Lien : https://www.fasoamazone.net/2026/07/20/burkina-faso-afrique-energie-numerique-et-innovation-au-coeur-des-dynamiques-de-developpement/