Ils sont des millions en Afrique à gagner leur vie au jour le jour, loin des radars des banques traditionnelles. Une startup camerounaise tente de changer la donne en facilitant l’accès au crédit pour ces travailleurs informels, à commencer par les conducteurs de moto-taxis, un secteur clé de l’économie urbaine.

Au Cameroun, les bend-skin surnom local des moto-taxis représentent bien plus qu’un simple moyen de transport. Ces conducteurs, souvent exclus du système bancaire, forment une main-d’œuvre essentielle dans les villes, où les nids-de-poule et les embouteillages rythment leur quotidien. Leur surnom, inspiré des secousses des routes, reflète aussi leur précarité : des revenus journaliers, sans filet de sécurité.
Une solution pour l’inclusion financière
La startup, dont le nom n’a pas encore été révélé dans les sources disponibles, propose une approche innovante pour évaluer la solvabilité de ces travailleurs. Plutôt que de s’appuyer sur des garanties traditionnelles comme un salaire fixe ou un historique bancaire, elle exploite des données alternatives : fréquence des trajets, régularité des revenus, ou encore réputation locale. Une méthode qui pourrait s’étendre à d’autres métiers informels, comme les vendeurs de rue ou les artisans.
Pour le Burkina Faso, où l’économie informelle représente plus de 80 % des emplois selon des estimations récentes, cette initiative ouvre des perspectives. Les conducteurs de moto-taxis, omniprésents dans les villes comme Ouagadougou ou Bobo-Dioulasso, pourraient ainsi accéder à des prêts pour acheter leur propre véhicule, se former, ou même lancer une activité parallèle. Un levier potentiel pour réduire la précarité et stimuler l’entrepreneuriat local.
Les banques, souvent réticentes à prêter à ce public, pourraient y trouver leur compte : un nouveau marché, avec des taux d’intérêt adaptés et des outils de suivi innovants. Reste à savoir si cette solution parviendra à convaincre les institutions financières, encore frileuses face à un secteur perçu comme risqué.
Si le projet aboutit, il pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains, où l’économie informelle domine. Une avancée qui rappelle que l’innovation ne se limite pas aux technologies de pointe, mais peut aussi transformer des secteurs aussi traditionnels que les transports urbains.
Source : TechCabal
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