Le géant des télécommunications Airtel Africa propose une solution audacieuse pour accélérer le développement du numérique en Afrique : le partage des infrastructures entre opérateurs. Une initiative que son PDG, Sunil Taldar, a défendue ce vendredi dans une interview accordée à Arise News.

Techniciens vérifiant une antenne télécoms en Afrique
Une antenne télécoms en milieu rural, symbole des défis de couverture en Afrique.. Illustration IA par BNTIC News

Face aux dépenses colossales engagées par les opérateurs pour déployer des réseaux tout en constatant des lacunes persistantes de couverture, Taldar plaide pour une coordination accrue entre acteurs du secteur. « Si deux opérateurs déploient chacun 1 000 kilomètres de fibre dans la même zone, que faisons-nous ? Nous dupliquons les efforts », a-t-il souligné. Selon lui, la mutualisation des équipements et des spectres pourrait réduire les coûts tout en élargissant l’accès aux services pour les populations mal desservies.

Cette proposition s’inscrit dans un contexte où les investissements massifs dans les infrastructures télécoms peinent à combler les écarts de connectivité, notamment dans les zones rurales et périurbaines. « Les opérateurs dépensent des millions de dollars pour déployer des infrastructures, mais les besoins restent immenses », a rappelé le dirigeant. La mutualisation permettrait ainsi de pénétrer des communautés sous-desservies et d’acquérir de nouveaux utilisateurs sans alourdir les dépenses individuelles.

Abonnements mobiles — BFA, NGA, KEN, ZAF
Comme le montre le graphique, l'Afrique subsaharienne a connu une croissance rapide des abonnements mobiles, mais des écarts persistent entre pays.
Abonnements mobiles — /100 hab. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 29/08/2026. Pays : BFA = Burkina Faso ; NGA = Nigéria ; KEN = Kenya ; ZAF = Afrique du Sud.

Un levier pour la souveraineté numérique africaine

Au-delà des économies réalisables, cette approche pourrait renforcer l’autonomie technologique du continent. En évitant la duplication des infrastructures, les opérateurs pourraient réallouer leurs ressources vers des projets innovants, comme le déploiement de la 5G ou le développement de solutions locales d’intelligence artificielle. « C’est une question de stratégie collective », a insisté Taldar, soulignant que l’Afrique a tout à gagner d’une collaboration renforcée.

Cette initiative intervient alors que le secteur des télécoms africains fait face à des défis majeurs : coûts élevés des licences, pression sur les marges et nécessité d’étendre la couverture. Une mutualisation intelligente des infrastructures pourrait ainsi devenir un modèle à suivre pour l’ensemble du continent.

Pour en savoir plus, consultez l’article de Technext.

Salle de contrôle télécoms analysant des données de couverture
Une salle de contrôle télécoms, illustration de la gestion des infrastructures et de la connectivité.. Illustration IA par BNTIC News

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QR code de partage — Airtel Africa plaide pour le partage des infrastructures télécoms en Afrique
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