Au Nigeria, le temps nécessaire pour visionner une vidéo en haute définition sur Netflix peut varier de 4,5 minutes à Lagos à 30 minutes dans le nord du pays. Cette disparité, révélée par une étude approfondie de la Nigerian Communications Commission (NCC) et du spécialiste des tests réseau Ookla, met en lumière les fractures numériques qui persistent dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

L'analyse, basée sur 739 294 tests réseau réels menés entre juin 2025 et mai 2026, dresse un état des lieux précis des performances des quatre principaux opérateurs mobiles du pays : MTN, Airtel, Globacom et T2. Le constat est sans appel : « la localisation géographique crée un fossé numérique », selon le rapport. Les infrastructures nombre de tours, qualité du réseau, déploiements de fibre et investissements dans les liaisons dorsales jouent un rôle déterminant dans l'expérience quotidienne des 157 millions d'abonnés à Internet nigérians.
Les écarts de performance ne se limitent pas aux zones urbaines versus rurales. Même au sein des grandes villes comme Lagos ou Abuja, les utilisateurs peuvent rencontrer des différences significatives selon l'opérateur choisi. Cette situation pose un défi majeur pour un pays où le mobile représente 99 % des connexions Internet, selon les dernières données de la NCC.

Abonnements mobiles — /100 hab. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 27/08/2026. Pays : NGA = Nigéria ; BFA = Burkina Faso ; KEN = Kenya ; ZAF = Afrique du Sud.
Infrastructures : le nerf de la guerre numérique
Le rapport souligne que la densité des tours de télécommunication, la qualité des réseaux (4G ou 5G) et les investissements dans les infrastructures dorsales (backhaul) sont des facteurs critiques. Dans les zones densément peuplées, une tour peut desservir jusqu'à 10 000 utilisateurs, contre seulement quelques centaines dans les régions moins urbanisées. Cette saturation explique en partie les lenteurs observées lors des pics d'utilisation.
Pour les opérateurs, ces résultats constituent un appel à accélérer les déploiements, notamment dans les zones rurales où les coûts d'installation restent élevés. Le Nigeria, qui ambitionne de devenir un hub technologique régional, doit relever ce défi pour attirer les investissements étrangers et soutenir l'économie numérique locale. Les prochaines étapes incluent probablement une régulation renforcée des performances minimales et des incitations fiscales pour les opérateurs s'engageant dans les zones sous-desservies.
Cette étude offre une base factuelle pour évaluer les progrès des opérateurs et orienter les politiques publiques. Elle rappelle aussi que l'Afrique, malgré ses avancées technologiques, reste confrontée à des défis structurels qui freinent son plein potentiel numérique.
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Source : Technext (Nigeria)
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