Le Burkina Faso déploie des drones pour traquer et traiter les gîtes larvaires de moustiques, vecteurs du paludisme, dans la capitale Ouagadougou. Lancée officiellement le 10 septembre 2026, cette campagne conjointe entre le ministère de la Santé et celui de l’Agriculture marque un tournant dans la lutte antivectorielle du pays.

Cette opération, coordonnée par le Secrétariat permanent pour l’élimination du paludisme (SP/Palu), cible les eaux stagnantes, bas-fonds, périmètres irrigués, mares temporaires et zones urbaines prioritaires où les larves de moustiques se développent avant de devenir adultes. Selon Netafrique, les traitements utilisent un biolarvicide, une solution biologique ciblant spécifiquement les larves sans nuire aux autres espèces.
Une stratégie intégrée pour briser le cycle du paludisme
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte antivectorielle du Burkina Faso, qui vise à réduire les populations de moustiques Anopheles, principaux transmetteurs du paludisme. Le SP/Palu et la Direction de la protection des végétaux (DPV) du ministère de l’Agriculture assurent conjointement la coordination de l’opération, soulignant l’approche multisectorielle adoptée.
Les zones traitées incluent plusieurs quartiers périphériques de Ouagadougou ainsi que Bama, dans la région du Guiriko. La campagne, prévue du 9 au 15 septembre 2026, s’appuie sur des données épidémiologiques et environnementales pour identifier les sites prioritaires. « Le traitement des gîtes larvaires est une méthode éprouvée, mais son déploiement par drone optimise la couverture et la précision des interventions », explique un responsable du SP/Palu cité par Netafrique.

Cette approche innovante s’ajoute aux méthodes traditionnelles de lutte antivectorielle, comme la distribution de moustiquaires imprégnées ou les pulvérisations intradomiciliaires. Elle répond à un enjeu majeur : le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité au Burkina Faso, avec plus de 10 millions de cas enregistrés chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Un modèle reproductible pour l’Afrique de l’Ouest ?
Cette campagne s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des outils de santé publique en Afrique. Le recours aux drones, déjà utilisé pour la livraison de médicaments ou la cartographie des zones à risque, offre ici une solution adaptée aux défis logistiques des pays sahéliens, où l’accès à certaines zones rurales est limité.
Les résultats de cette campagne pilote pourraient servir de référence pour d’autres pays de la région, où le paludisme persiste malgré les efforts déployés.
Selon les experts, l’efficacité de cette méthode dépendra de la régularité des traitements et de la couverture des zones cibles. « Les drones permettent de traiter rapidement de vastes superficies, mais leur succès repose sur une cartographie précise des gîtes larvaires et une maintenance rigoureuse du matériel ».

Accès à l'électricité — %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 13/09/2026. Pays : BFA = Burkina Faso.
Comme le montre le graphique ci-dessous, l’accès à l’électricité, essentiel pour le fonctionnement des drones et des équipements de traitement, reste un défi dans certaines zones du Burkina Faso. En 2025, seulement 52 % de la population burkinabè avait accès à l’électricité, selon FasoData, un taux qui chute à moins de 20 % en milieu rural. Cette campagne met ainsi en lumière l’importance de renforcer les infrastructures énergétiques pour soutenir les innovations en santé publique.
Prochaines étapes : évaluation et extension
Si les résultats sont concluants, la méthode pourrait être étendue à d’autres régions du pays, voire à des pays voisins confrontés aux mêmes défis. « Cette initiative est un pas important vers l’autonomie technologique en santé publique », estime un analyste de l’innovation en Afrique subsaharienne.
Pour le Burkina Faso, cette campagne illustre la capacité du pays à innover dans la lutte contre le paludisme, en combinant expertise locale, technologies modernes et approche multisectorielle. Une stratégie qui pourrait inspirer d’autres nations africaines engagées dans la même bataille.
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