C'est une bascule technologique majeure dans la lutte contre l'une des maladies les plus meurtrières d'Afrique de l'Ouest. Le gouvernement béninois a officiellement lancé, le 30 juin dernier à Cotonou, le projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme », une initiative qui marie pour la première fois à cette échelle intelligence artificielle, drones et cartographie géospatiale au service de la santé publique. Soutenu par le Japon dans le cadre de la TICAD à hauteur de 2,3 millions de dollars, le dispositif est aujourd'hui déployé dans six communes pilotes du pays.

L'enjeu sanitaire est de taille pour le Bénin, où le paludisme demeure, année après année, le premier motif de consultation et d'hospitalisation dans les structures de santé. Les autorités sanitaires soulignent toutefois des progrès notables ces dernières années : l'incidence de la maladie a reculé de 38 % entre 2022 et 2024, tandis que la mortalité associée a chuté de 39 %, des résultats portés notamment par les campagnes de moustiquaires imprégnées et l'introduction du vaccin antipaludique. Le pari du gouvernement est désormais de transformer cet acquis en avantage durable grâce au ciblage algorithmique des interventions.
Au-delà de son volet technologique, le projet mobilise également la vaccination et la mobilisation communautaire, dans une approche résolument intégrée. Cette alliance entre outils de pointe et ancrage de terrain illustre une tendance de fond observée sur le continent : l'intelligence artificielle et les drones gagnent progressivement du terrain dans le secteur de la santé africaine, où ils permettent des interventions plus rapides, mieux ciblées et souvent plus économes en ressources que les méthodes conventionnelles de pulvérisation manuelle.
Cette initiative s'inscrit pleinement dans la vision « Bénin 2060 Alafia » portée par les autorités, qui ambitionnent de faire du numérique un levier structurant du système de santé national. Si les résultats des six communes pilotes se révèlent concluants, ce modèle pourrait rapidement essaimer vers d'autres zones du pays, voire inspirer des initiatives similaires ailleurs sur le continent, où le paludisme continue de peser lourdement sur les systèmes de santé.
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