Au Burkina Faso, l'initiative des « grands-mères solaires » tire un bilan extrêmement positif de son déploiement dans les zones rurales non raccordées. En formant des femmes séniores issues de villages isolés aux compétences d'ingénierie solaire pratique, ce programme novateur apporte une réponse concrète aux défis d'accès à l'électricité tout en transformant la dynamique sociale locale.

Une grand-mère solaire tenant un panneau photovoltaïque au Burkina Faso
Une résidente formée aux technologies photovoltaïques dans un village rural du Burkina Faso.

Portée par des partenariats communautaires et s'inspirant du modèle mondial Barefoot College, cette démarche s'attaque directement au déficit énergétique du Burkina Faso, où le taux d'électrification rurale demeure inférieur à 20 %. Selon la couverture médiatique spécialisée, plusieurs dizaines de localités ont pu bénéficier de kits photovoltaïques autonomes, permettant d'éclairer durablement des milliers de foyers ruraux sans dépendre du réseau électrique national.

La spécificité du projet repose sur sa méthode d'apprentissage adaptée : l'enseignement de l'assemblage, du câblage et du dépannage des modules solaires s'effectue au moyen de repères visuels, de couleurs et d'exercices pratiques, affranchissant les participantes des barrières de la littératie. Les témoignages issus du terrain mettent en avant l'efficacité de ces techniciennes d'un genre nouveau, désormais capables de réparer les régulateurs, de gérer les batteries et d'installer des panneaux sur les toitures.

Kits de matériel solaire et lampes LED pour électrification rurale
Les kits solaires installés permettent d'assurer l'éclairage domestique hors réseau.

L'impact socio-économique s'avère considérable. L'accès continu à la lumière artificielle améliore la réussite scolaire des enfants qui peuvent réviser le soir, réduit les risques d'incendie et d'intoxication liés à l'usage des lampes à pétrole, et stimule l'artisanat local nocturne. Sur le plan financier, les économies réalisées sur les combustibles fossiles financent la caisse de maintenance du village. L'implication prioritaire des aînées garantit en outre la pérennité des compétences au sein des communautés, ces dernières restant solidement ancrées dans leur village d'origine contrairement aux jeunes diplômés tentés par l'exode rural.

Sur le plan organisationnel, des comités solaires villageois ont été constitués pour collecter des cotisations mensuelles auprès des habitants équipés. Ces fonds, gérés en toute transparence, servent à acheter les pièces de rechange et à rémunérer le travail de maintenance fourni par les grands-mères. Ce modèle d'autorégulation renforce l'appropriation communautaire des infrastructures et assure la durabilité technique à long terme.

Vers un déploiement à l'échelle de la zone UEMOA

Fort du succès constaté au Burkina Faso, l'objectif des promoteurs est de faire essaimer cette méthodologie dans l'ensemble des pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En combinant décentralisation énergétique, autonomisation des femmes et technologies renouvelables, ce modèle d'innovation sociale réaffirme son rôle clé dans la trajectoire de développement durable du continent africain.

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