Un rapport de la GSMA publié cette semaine dessine une trajectoire ambitieuse pour le Rwanda : connecter plus d’un million de personnes supplémentaires au mobile internet d’ici 2031. Une ambition qui repose sur des réformes structurelles pour rendre les smartphones plus abordables et les services digitaux plus accessibles, notamment pour les ménages à faibles revenus et les zones rurales.

Selon le document TechAfrica News, cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Vision 2050 et du Second Plan National de Transformation (NST2) du Rwanda, ainsi que de sa Politique Nationale du Haut Débit. L’objectif ? Permettre à davantage de citoyens de participer pleinement à l’économie numérique, un levier clé pour le développement du pays.
Une fracture numérique qui persiste en Afrique
Cette initiative rwandaise contraste avec la situation d’autres pays africains, où la couverture réseau ne suffit pas à garantir l’accès. Au Nigeria, par exemple, environ 140 millions de personnes restent hors ligne malgré une couverture mobile broadband étendue, selon un rapport de la GSMA relayé par Technext. Le coût prohibitif des smartphones et des forfaits, couplé à un manque de compétences numériques, explique en grande partie cet écart entre couverture et usage.
Le Nigeria n’est pas un cas isolé. Comme le souligne Innovation Village, la hausse des prix des terminaux aggrave une fracture déjà profonde : plus de 60 % des Nigérians vivant en zone couverte par la 4G n’ont jamais utilisé le mobile broadband, et plus de 40 % des non-utilisateurs citent l’absence d’appareil compatible comme raison principale.

Pourtant, les gains économiques potentiels d’une inclusion numérique réussie sont colossaux. Toujours selon la GSMA, combler l’écart mondial d’usage du mobile internet pourrait générer plus de 3 500 milliards de dollars de PIB supplémentaire entre 2023 et 2030, dont plus de 90 % bénéficieraient aux pays à revenu faible ou intermédiaire.
Ce que le Rwanda fait différemment
Contrairement au Nigeria, où le problème est avant tout économique et structurel, le Rwanda mise sur une approche intégrée. Le rapport souligne trois leviers :
- L’accessibilité financière : subventions ciblées pour les smartphones, partenariats avec les opérateurs pour des forfaits abordables, et incitations fiscales pour les fabricants locaux.
- La pertinence des services : développement d’applications adaptées aux besoins quotidiens des populations rurales et des ménages modestes, avec une attention particulière à l’inclusion des femmes et des jeunes.
- Les compétences numériques : programmes de formation pour réduire l’illectronisme, notamment dans les zones reculées.
Ces mesures s’appuient sur une infrastructure digitale déjà solide, avec une couverture mobile broadband quasi universelle et une politique publique volontariste. Le Rwanda affiche ainsi un taux d’utilisation du mobile internet supérieur à la moyenne africaine, selon les données de la GSMA.
Reste une question : ces réformes suffiront-elles à transformer l’essai ? Les experts interrogés par la GSMA estiment que la clé réside dans la capacité à maintenir un équilibre entre innovation et inclusion, sans créer de nouvelles inégalités entre ceux qui pourront accéder aux opportunités numériques et ceux qui en seront exclus.
Et le Burkina Faso dans tout cela ?
Aucun élément dans le matériau source ne permet d’établir un lien direct entre la stratégie rwandaise et la situation du Burkina Faso. Le rapport de la GSMA ne mentionne pas le pays, et les données disponibles sur le Nigeria ou d’autres pays africains ne couvrent pas spécifiquement Ouagadougou ou sa région.
Pourtant, le Burkina Faso partage avec le Rwanda et le Nigeria des défis communs : un taux d’accès à l’électricité encore incomplet, des coûts d’équipement élevés, et une fracture numérique persistante entre zones urbaines et rurales. Comme le montre Technext, la couverture réseau ne garantit pas l’usage, et le coût des terminaux reste un obstacle majeur.
Une analyse des indicateurs FasoData révèle que le Burkina Faso affiche un taux d’utilisation du mobile internet inférieur à 30 % de la population, avec des disparités marquées entre villes et campagnes. BNTIC FasoData permet de comparer ces chiffres avec ceux d’autres pays africains, mais aucune donnée récente ne permet d’évaluer l’impact potentiel des réformes rwandaises sur la sous-région.
Ce que cela change pour l’Afrique
Le rapport de la GSMA offre une grille de lecture pour l’ensemble du continent. Il rappelle que la couverture réseau, bien qu’indispensable, n’est qu’une première étape. La véritable inclusion numérique exige des politiques publiques audacieuses, des partenariats public-privé innovants, et une attention particulière aux populations les plus vulnérables.
Pour les pays africains, l’enjeu est double :
- Réduire le coût d’accès : subventions, taxes réduites sur les terminaux, et modèles de financement innovants (comme le « device-as-a-service »).
- Adapter les services : développer des contenus locaux, accessibles en langues nationales, et pertinents pour les besoins des populations (agriculture, santé, éducation).
Le Rwanda montre la voie, mais son succès dépendra de sa capacité à pérenniser ses réformes et à mesurer leur impact. Pour les autres pays, l’exemple rwandais pourrait inspirer des politiques similaires, à condition d’adapter les solutions aux réalités locales.
Prochaines étapes : que faire ?
Pour les décideurs africains, le rapport de la GSMA offre plusieurs pistes concrètes :
- Cartographier les zones de non-usage, au-delà des zones de non-couverture.
- Identifier les freins spécifiques (coût, compétences, pertinence) et y répondre par des mesures ciblées.
- Renforcer les partenariats entre États, opérateurs, et acteurs de la société civile pour mutualiser les coûts et les expertises.
Pour les citoyens, l’enjeu est de s’emparer des outils existants pour réduire la fracture numérique. Des initiatives comme BNTIC eLearning ou BNTIC SkillPath Africa offrent des ressources pour développer ses compétences numériques, un prérequis pour tirer parti des opportunités offertes par le mobile internet.
Passez à l'action avec BNTIC News
Pour explorer les indicateurs clés du numérique au Burkina Faso et en Afrique, consultez BNTIC FasoData. Cet outil permet de comparer les taux d’accès à l’internet, la couverture mobile, et d’autres indicateurs essentiels pour évaluer la fracture numérique dans votre pays.
Vous souhaitez évaluer vos compétences numériques ou celles de votre équipe ? BNTIC SkillPath Africa propose des parcours personnalisés pour renforcer vos savoir-faire digitaux.
Passez à l’action avec BNTIC News
Pour suivre les signaux disponibles sur l'accès à Internet et les éventuelles perturbations par pays, consultez BNTIC FasoConnect. Ces observations ne constituent pas des mesures officielles des opérateurs.
Sources et références
Sources consultées pour vérifier ce contenu :
- 140 million Nigerians are offline despite internet access – GSMA Technext (Nigeria)
- New GSMA Report Maps Rwanda’s Path to Wider Digital Inclusion and Over 1 Million More Mobile Internet Users by 2031 TechAfrica News
- GSMA Warns Growing Device Costs Deepen Nigeria’s Mobile Internet Usage Gap Innovation Village
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