Une équipe de chercheurs nigérians vient de publier une revue scientifique pionnière sur les systèmes hybrides solaire–géothermie pour des bâtiments à énergie nulle. Leur travail, mené à l’International Journal of Energy Studies, synthétise 57 études internationales et propose une analyse comparative des configurations les plus prometteuses.

Les auteurs, affiliés à la Bayero University (Kano, Nigéria), au Kano State Polytechnic et à la Nigerian Army University, y explorent comment combiner l’énergie solaire abondante avec la stabilité thermique du sous-sol pour atteindre l’autonomie énergétique des bâtiments. Leur revue met en lumière des économies d’énergie primaire de 50 à 75 % et des réductions significatives des émissions de CO₂, tout en soulignant les défis persistants pour une adoption massive.
Des configurations hybrides aux performances éprouvées
L’étude détaille trois architectures principales :
- Les systèmes solaire thermique couplés aux pompes à chaleur géothermiques ;
- Les pompes à chaleur assistées par photovoltaïque ;
- Les systèmes photovoltaïques/thermiques (PV/T) couplés aux pompes à chaleur.
Selon les auteurs, ces configurations permettent de couvrir jusqu’à 100 % des besoins énergétiques des bâtiments tout en réduisant leur empreinte carbone. Leurs conclusions s’appuient sur des études de cas menées en Europe, en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et en Océanie, confirmant la robustesse de l’approche dans des climats variés.
L’Afrique, un terrain sous-exploré mais stratégique
Malgré ces résultats encourageants, les chercheurs pointent un paradoxe : l’Afrique reste l’une des régions les moins étudiées pour ces technologies, alors qu’elle dispose d’un ensoleillement exceptionnel et de ressources géothermiques locales. Leur revue identifie des lacunes majeures dans la modélisation des systèmes, l’évaluation de leur performance à long terme, et leur intégration avec les réseaux intelligents et les stratégies de contrôle basées sur l’intelligence artificielle.
Les freins à un déploiement à grande échelle sont clairement énoncés : coûts initiaux élevés, contraintes techniques spécifiques aux régions, et cadres réglementaires fragmentés. Pour les auteurs, la solution passe par des politiques adaptées aux contextes locaux, des voies de réduction des coûts, et une validation expérimentale renforcée dans des régions sous-représentées comme l’Afrique.
Leur travail appelle à une collaboration accrue entre chercheurs, industriels et décideurs pour accélérer la transition vers des bâtiments climatiquement neutres et résilients.
Concrètement, cette revue offre une base solide pour les projets pilotes en Afrique, où l’hybridation solaire–géothermie pourrait devenir un levier clé pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et améliorer l’accès à une énergie propre et abordable.

Pour aller plus loin, les auteurs invitent à consulter leur publication en accès ouvert, disponible sur DergiPark. Leur revue y est présentée dans son intégralité, avec des tableaux comparatifs des performances énergétiques et des recommandations pour les futurs travaux de recherche.
Cette étude rappelle que l’innovation énergétique africaine ne se décrète pas : elle se construit, étude après étude, et laboratoire après laboratoire.
Passez à l'action avec BNTIC News
Vous souhaitez évaluer le potentiel solaire de votre projet au Burkina Faso ? Utilisez le Simulateur solaire BNTIC pour estimer la taille optimale de votre installation photovoltaïque et ses performances attendues.
Vous voulez explorer d’autres indicateurs énergétiques pour l’Afrique ? Consultez les données ouvertes de BNTIC FasoData pour comparer les performances des énergies renouvelables par pays.
À lire aussi : Une Étude nigériane propose un système musical adaptatif par IA
Sources et références
Sources consultées pour vérifier ce contenu :
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter !