Podcast

Écoutez cet article en audio

Des robots humanoïdes sur une chaîne d’assemblage chinoise. Les fabricants chinois totalisent plus de 97 % des expéditions mondiales.

Les chiffres donnent le vertige. Au premier semestre 2026, les expéditions mondiales de robots humanoïdes ont atteint environ 19 100 unités, soit près du quadruple par rapport à l’année précédente. Et sur ce marché en pleine explosion, la Chine écrase tout : plus de 97 % des parts de marché, selon Smart Analytics Global cité par Bloomberg. Plus frappant encore, AgiBot a détrôné Unitree avec environ 8 400 unités expédiées (44 %), contre 5 900 pour Unitree (30,9 %). La course aux robots humanoïdes n’est plus une projection d’avenir : c’est une réalité industrielle, et la Chine en a pris le contrôle.

Unitree franchit le cap des 18 000 robots

Le 12 août 2026, Unitree Robotics a annoncé avoir produit cumulativement environ 18 000 robots humanoïdes bipèdes. Et ce n’est qu’un début : l’entreprise construit une usine d’une capacité annuelle de 190 000 unités 75 000 humanoïdes et 115 000 quadrupèdes. Son introduction en bourse sur le marché STAR de Shanghai a suscité une surscription record de plus de 8 000 fois, valorisant l’entreprise à environ 9 milliards de dollars. DeepSeek et Tencent comptent parmi ses actionnaires.

Un robot humanoïde en opération dans une usine automobile. BMW, Hyundai et BYD multiplient les déploiements.

La suprématie chinoise, de l’usine à la chaîne d’approvisionnement

Comment expliquer une telle domination ? Échelle, coût et écosystème. La Chine s’appuie sur son industrie des véhicules électriques pour alimenter ses usines de robotique en batteries, actionneurs, capteurs et squelettes en aluminium. Résultat : un robot Unitree coûte moins de 14 000 dollars, un prix inaccessible aux concurrents américains. En 2024, plus de deux millions de robots œuvraient déjà dans les usines chinoises  plus que dans le reste du monde réuni. BYD a d’ailleurs dévoilé son propre humanoïde « Xiao Di », intensifiant la concurrence avec Tesla.

Les États-Unis tentent de rattraper leur retard

La FCC a annoncé en juillet une interdiction d’importation de nouveaux modèles de robots humanoïdes étrangers, invoquant la sécurité nationale. Mais comme l’explique le New York Times, même les entrepreneurs américains admettent qu’il est quasi impossible de construire un robot abordable sans composants chinois. Même l’Optimus de Tesla dépend largement de pièces fabriquées en Chine.

Le robot humanoïde de BYD, « Xiao Di », dans une salle d’exposition. Les constructeurs automobiles diversifient les usages.

Leçon capitale

La domination technologique ne se gagne plus seulement par les algorithmes ou les levées de fonds, mais par la maîtrise de la chaîne de valeur physique. La Chine n’a pas seulement construit des robots meilleur marché : elle a bâti tout un écosystème qui rend sa production imbattable. Pour l’Afrique, cette leçon est cruciale : l’enjeu n’est pas seulement d’adopter les technologies, mais d’en maîtriser les fondements matériels. Sinon, le risque est de passer d’une dépendance aux logiciels à une dépendance aux machines. L’avenir appartient à ceux qui fabriquent.

 

Source : DIGITIMES / Gasgoo / The New York Times
Lien : https://digitimes.com/news/a20260812PD207/shipments-robot-2026-market-data.html
Date : 12-13 août 2026 

QR code de partage — Robots humanoïdes : la Chine règne sur 97 % du marché mondial
Contenu authentique BNTIC News : scannez pour confirmer