Un scénario digne d’un épisode de Black Mirror se concrétise : des robots-chiens vendus à partir de 1 500 € peuvent être contrôlés par n’importe qui, sans aucune protection. Une faille de sécurité majeure, révélée par des chercheurs, expose des milliers d’exemplaires du modèle Unitree Go2 à des prises de contrôle malveillantes via leur réseau Wi-Fi.

Le robot-chien Go2, commercialisé depuis juillet 2023 par le fabricant chinois Unitree, est devenu une star des vidéos virales grâce à ses capacités acrobatiques. Il est également utilisé par des forces de police, des laboratoires universitaires et même des data centers pour entraîner des intelligences artificielles. Pourtant, selon les travaux d’Olivier Laflamme, chercheur au cabinet canadien Boschko, il suffit de se connecter au même réseau Wi-Fi que l’appareil pour en prendre le contrôle total, sans mot de passe ni authentification.
Cette vulnérabilité pose un risque sérieux pour les utilisateurs, qu’il s’agisse d’entreprises, d’institutions publiques ou de particuliers. Les conséquences pourraient aller de l’espionnage industriel à des actes de sabotage, en passant par des usages malveillants dans des espaces sensibles. Des milliers d’exemplaires de ce robot circulent déjà dans le monde, y compris dans des environnements critiques comme les commissariats ou les infrastructures technologiques.
Un enjeu de cybersécurité pour l’Afrique et au-delà
Si cette faille concerne avant tout les utilisateurs internationaux, elle soulève des questions cruciales pour le continent africain, où l’adoption des technologies robotiques et de l’IA s’accélère. Le Burkina Faso, comme d’autres pays, mise sur l’innovation pour renforcer ses infrastructures et ses services publics. Cependant, l’importation de dispositifs connectés sans garanties de sécurité suffisantes pourrait exposer les systèmes locaux à des risques inédits.
Les experts en cybersécurité appellent à une vigilance accrue, notamment dans les secteurs stratégiques comme la défense, la santé ou l’énergie. La maîtrise des technologies critiques passe aussi par une évaluation rigoureuse des risques liés aux équipements connectés, surtout lorsqu’ils proviennent de fournisseurs étrangers. Pour les utilisateurs africains, cette affaire rappelle l’importance de privilégier des solutions sécurisées et, si possible, développées localement ou en partenariat avec des acteurs régionaux.
Au-delà des risques immédiats, cette faille met en lumière un défi plus large : la sécurisation des objets connectés, un enjeu majeur à l’ère de l’Internet des objets (IoT). Les fabricants sont désormais sous pression pour intégrer des protocoles de sécurité robustes dès la conception de leurs produits, afin d’éviter que des vulnérabilités similaires ne se reproduisent.
Pour l’instant, Unitree n’a pas encore réagi publiquement à cette révélation. Les utilisateurs du Go2 sont invités à isoler le robot sur un réseau dédié et à surveiller les mises à jour logicielles qui pourraient corriger cette faille. Une solution temporaire, en attendant une réponse officielle du fabricant.
Source : Les Numériques (FR)
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter !