Un acteur du ransomware se faisant appeler Ransom Busters contacte directement les victimes pour leur proposer, contre une somme allant de 20 000 à 60 000 dollars, de supprimer leurs données volées des serveurs des groupes cybercriminels. Une tactique qui exploite la détresse des entreprises touchées par des attaques, tout en brouillant les frontières entre services légitimes de récupération et cybercriminalité.

Selon un rapport de la GuidePoint Research and Intelligence Team (GRIT), partagé avec The Hacker News, ce groupe se distingue par son approche proactive : il envoie des emails aux organisations victimes avant même que l'attaque ne soit rendue publique. « Cette démarche est anormale », souligne GRIT. « Les entreprises de cybersécurité ne contactent généralement les victimes qu'après que l'incident a été médiatisé. »
Ransom Busters serait un affilié travaillant pour plusieurs opérations de ransomware-as-a-service (RaaS). Son objectif ? Détourner les paiements de rançons en se présentant comme un intermédiaire bienveillant. Une stratégie qui pourrait s'avérer particulièrement efficace en Afrique, où les ressources en cybersécurité restent limitées et où les entreprises sont souvent contraintes de payer pour récupérer leurs données.
Un risque accru pour les entreprises africaines
Pour les organisations burkinabè et africaines, cette nouvelle tactique représente un danger supplémentaire. « Les victimes, déjà fragilisées par l'attaque, peuvent être tentées de payer cette somme pour éviter une fuite de données ou une nouvelle extorsion », explique un expert en cybersécurité. Or, rien ne garantit que Ransom Busters tienne sa promesse : les données pourraient tout aussi bien être revendues ou utilisées pour de futures attaques.
Cette affaire souligne l'importance de renforcer les capacités locales en cybersécurité. Au Burkina Faso, où les infrastructures numériques se développent rapidement, la sensibilisation aux risques liés au ransomware et la formation des équipes IT deviennent des priorités. Les entreprises sont invitées à ne jamais répondre à des sollicitations non sollicitées et à privilégier des partenaires de confiance pour la gestion des incidents.
Face à cette menace, les autorités et les acteurs du secteur appellent à une collaboration renforcée entre les pays africains pour lutter contre les réseaux cybercriminels. Une réponse coordonnée, combinant prévention, détection et répression, sera essentielle pour protéger les données sensibles et préserver la confiance dans l'économie numérique du continent.
Source : The Hacker News
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter !