Plus de 14 500 caméras de surveillance Dahua ont été piratées en l’espace de 35 jours, entre mi-juin et fin juillet 2026. Une opération d’envergure, baptisée CameraSwarm, révélée par les chercheurs de la société de renseignement sur les menaces Hunt.io, qui a permis à des hackers de prendre le contrôle d’appareils principalement situés en Ukraine et en Russie.

Les attaquants ont exploité trois méthodes distinctes pour compromettre les dispositifs : des attaques par force brute sur les identifiants, deux failles de contournement d’authentification, et une technique de relais pair-à-pair (P2P). Selon les données récupérées par Hunt.io, 1 923 caméras ont été configurées avec un compte persistant, tandis que 283 ont été atteintes via le chemin P2P.
Une opération reconstituée grâce à une erreur des hackers
Les chercheurs ont découvert l’ampleur de l’attaque après avoir identifié un répertoire de travail non protégé sur un serveur HTTP utilisé par les pirates. Ce répertoire contenait 407 Mo de données, répartis en 2 616 fichiers et 234 sous-dossiers, incluant du code source, des journaux d’activité, des identifiants compromis, des images capturées par les caméras, ainsi que des historiques de commandes shell. Ces éléments ont permis de reconstituer le mode opératoire et l’étendue des compromissions.
Les appareils concernés sont des caméras IP Dahua, largement utilisées pour la vidéosurveillance dans les entreprises et les infrastructures critiques. Les chercheurs soulignent que les hackers ont également exploité des codes de récupération hors ligne, générés à partir des numéros de série des caméras enregistrées dans le cloud, pour contourner les protections.
Dahua a réagi en recommandant aux utilisateurs de ses produits d’installer les correctifs logiciels ou les dernières versions de firmware disponibles. Par ailleurs, le laboratoire ITRES Labs conseille de désactiver la fonction P2P lorsque celle-ci n’est pas nécessaire, afin de réduire les risques d’exposition.
Cette campagne met en lumière les vulnérabilités persistantes des appareils IoT, souvent ciblés pour leur faible niveau de sécurité. Pour les acteurs africains, notamment au Burkina Faso où les systèmes de surveillance se développent rapidement, cette affaire rappelle l’importance de renforcer les protocoles de cybersécurité et de maintenir les équipements à jour.
Sources : BleepingComputer, The Hacker News
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