Plus de 100 sites web ont été compromis pour diffuser un malware d’extraction de données, LunexStealer, via de fausses pages de vérification Cloudflare. Cette campagne, repérée en septembre 2026 par le CERT ukrainien (CERT-UA), exploite une technique baptisée ClickFix pour inciter les utilisateurs à exécuter un package MSI malveillant.

Les victimes, en visitant ces sites infectés, se voient présenter une page de vérification Cloudflare falsifiée, prétendant confirmer leur humanité. L’exécution d’une commande proposée déclenche le téléchargement et l’installation automatique du malware depuis un serveur distant. Selon le CERT-UA, cette attaque combine également la technique EtherHiding, déjà documentée dans des campagnes similaires.
L’ampleur de cette campagne soulève des questions sur la sécurité des infrastructures numériques en Afrique de l’Ouest, où l’adoption croissante des services en ligne s’accompagne d’une exposition accrue aux cybermenaces. Bien que le CERT-UA n’ait pas révélé l’identité des victimes ni confirmé de compromissions réussies, la méthode utilisée exploitant la confiance accordée à des services comme Cloudflare rappelle les risques systémiques liés à la dépendance aux plateformes étrangères pour la sécurité web.
Des techniques déjà connues, mais toujours efficaces
La technique ClickFix, utilisée pour distribuer LunexStealer, repose sur l’ingénierie sociale : elle abuse de la méconnaissance des utilisateurs face aux procédures de vérification en ligne. Quant à EtherHiding, elle consiste à cacher du code malveillant dans des services légitimes, comme les pages de vérification de Cloudflare, pour contourner les protections traditionnelles. Ces méthodes, bien que documentées, restent redoutablement efficaces contre des utilisateurs peu sensibilisés aux bonnes pratiques de cybersécurité.
Pour le Burkina Faso et la région UEMOA, où l’accès à Internet progresse rapidement avec un taux d’utilisation estimé à 28 % de la population en 2026 selon FasoData, cette campagne met en lumière l’urgence de renforcer les capacités locales de détection et de réponse aux incidents. Les autorités et les acteurs du numérique doivent prioriser la sensibilisation des utilisateurs et l’adoption de solutions de sécurité adaptées aux contextes africains, où les infrastructures critiques restent vulnérables.

Utilisateurs d'Internet, en %. Graphique généré via bntic.com/data/. Source : Banque mondiale (CC BY 4.0), interrogée par BNTIC FasoData le 07/10/2026. Pays : BFA = Burkina Faso ; GHA = Ghana ; CIV = Côte d'Ivoire ; SEN = Sénégal ; MLI = Mali.
Le CERT-UA n’a pas précisé si des systèmes africains ont été ciblés, mais la méthode utilisée exploitant une plateforme globale comme Cloudflare suggère une portée potentiellement transnationale. Les organisations locales, notamment les banques, les administrations et les entreprises, sont invitées à vérifier l’intégrité de leurs sites web et à former leurs équipes aux signaux d’alerte des attaques par malware.
Cette campagne rappelle également l’importance de la souveraineté numérique : réduire la dépendance aux solutions étrangères pour des fonctions critiques comme la vérification d’identité en ligne pourrait limiter l’impact de telles attaques. Des initiatives locales, comme le développement de solutions de cybersécurité adaptées aux réalités africaines, gagneraient à être soutenues pour renforcer la résilience du continent.
Pour les utilisateurs, la vigilance reste la première ligne de défense. Éviter d’exécuter des commandes inconnues, vérifier systématiquement les URLs avant de cliquer, et utiliser des outils de détection de liens suspects sont des gestes simples mais essentiels pour limiter les risques.

Les acteurs de la cybersécurité africains appellent à une collaboration renforcée entre les pays de la région pour partager les informations sur les menaces émergentes et harmoniser les réponses. Des plateformes comme BNTIC CyberAlert permettent déjà de suivre les vulnérabilités et les correctifs disponibles pour les logiciels et services utilisés localement.
Cette campagne, bien que récente, s’inscrit dans une tendance plus large de sophistication des attaques par malware en Afrique, où les cybercriminels exploitent les lacunes en matière de sensibilisation et de protection. Une réponse efficace passera nécessairement par une combinaison de formation, de technologies adaptées et de coopération régionale.
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Source : The Hacker News
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