L’Afrique du Sud franchit un cap historique dans son secteur énergétique avec l’émergence du trading privé d’électricité renouvelable. Une avancée qui marque un tournant pour le pays et pourrait inspirer d’autres économies africaines, dont le Burkina Faso, confrontées aux défis de l’accès à une énergie stable et décarbonée.

Centrale solaire sud-africaine avec des techniciens en inspection
Une centrale solaire sud-africaine : symbole de la transition énergétique du pays.. Illustration IA par BNTIC News

Cette révolution s’incarne dans la récente autorisation accordée à des acteurs privés de racheter et revendre de l’électricité, une première dans le pays. Lors du C&I Energy + Storage Summit à Johannesburg les 4 et 5 novembre 2025, des experts ont souligné que cette libéralisation répond à une demande croissante des secteurs commerciaux et industriels pour des solutions énergétiques compétitives, flexibles et durables.

Pour Andrew Taylor, responsable du trading chez NOA Group un agrégateur et trader d’énergies renouvelables, cette dynamique illustre un changement de paradigme. « NOA a obtenu une licence de la NERSA, régulateur sud-africain pour acheter et vendre de l’électricité », explique-t-il. Son modèle repose sur l’intégration de grands parcs éoliens et solaires, combinés à des solutions de stockage, afin d’optimiser la production et la distribution.

Concrètement, cette libéralisation permet aux entreprises de contourner les pénuries chroniques d’électricité en s’approvisionnant directement auprès de producteurs indépendants. Une aubaine pour les industries minières ou manufacturières, dont les coûts énergétiques pèsent lourdement sur la compétitivité. Shell, par exemple, mise sur la digitalisation des solutions de lubrification industrielle pour améliorer la fiabilité des équipements et réduire les coûts de maintenance une approche complémentaire à la diversification énergétique.

Pourtant, ce modèle n’est pas sans risques. Les experts alertent sur la nécessité de cadrer strictement les transactions pour éviter les distorsions de marché ou les surcoûts pour les consommateurs finaux. La NERSA, en tant que régulateur, joue un rôle clé dans la supervision de ces échanges.

En parallèle, l’Afrique du Sud mise aussi sur le nucléaire pour sécuriser son approvisionnement. La centrale de Koeberg, seule centrale nucléaire du pays, a vu ses deux réacteurs prolongés jusqu’en 2044 et 2045, avec une production stable de 1 860 MW d’électricité propre. Une performance remarquable, comme en témoigne son facteur de disponibilité énergétique à 100 % pendant 241 jours consécutifs en 2025.

Si cette avancée sud-africaine ouvre des perspectives pour le continent, son application au Burkina Faso ou en Afrique de l’Ouest reste à étudier. Le pays, comme ses voisins, doit composer avec des infrastructures énergétiques fragiles et des besoins croissants en électricité. Une question se pose : ce modèle de trading privé pourrait-il s’adapter à des marchés moins matures, où l’accès à l’énergie reste un défi quotidien ?

Un tournant, mais pas une solution miracle

L’émergence du trading privé d’électricité en Afrique du Sud est indéniablement un signal fort pour le secteur énergétique africain. Elle démontre qu’une libéralisation maîtrisée, couplée à des investissements dans les renouvelables, peut répondre aux besoins des industries tout en accélérant la transition énergétique.

Cependant, son transfert vers d’autres pays africains dépendra de plusieurs facteurs : la maturité des régulateurs, la disponibilité des infrastructures, et la capacité à attirer des investisseurs. Pour l’heure, le Burkina Faso et ses voisins observent cette expérience de près, sans garantie de reproduction à court terme.

Réseau électrique urbain en Afrique
Les infrastructures énergétiques africaines, entre défis et innovations.. Illustration IA par BNTIC News

Une chose est sûre : l’énergie, qu’elle soit nucléaire, renouvelable ou issue du trading privé, reste au cœur des enjeux de souveraineté et de développement pour l’Afrique. La balle est désormais dans le camp des décideurs et des acteurs locaux pour adapter ces modèles à leurs réalités.

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À lire aussi : Afrique du Sud : les entreprises contraintes de s'adapter aux pénuries d'électricité

Source : ESI Africa (énergie)

Sources et références

Sources consultées pour vérifier ce contenu :

  1. South Africa: Private power trading a turning point in energy sector ESI Africa (énergie)
  2. Shell and the world of digital industrial lubrication solutions ESI Africa (énergie)
  3. South Africa’s nuclear energy programme ESI Africa (énergie)
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