La Nation Cherokee, plus grande tribu amérindienne des États-Unis, vient d’interdire la construction de data centers hyperscale sur ses terres, une décision motivée par des préoccupations environnementales et culturelles. Cette mesure, annoncée par le Principal Chief Chuck Hoskin Jr., marque un tournant dans la gestion des ressources naturelles et du patrimoine autochtone face à l’expansion fulgurante des infrastructures numériques.

Selon un rapport du Data Center Task Force de la Nation Cherokee, ces infrastructures, qui dépassent souvent 10 000 m² et consomment plus de 100 mégawatts, posent des risques majeurs pour les réserves en eau et en énergie locales. Une consultation citoyenne, menée auprès de 1 593 membres, a révélé que 64 % des répondants s’opposent à ces projets, invoquant aussi des nuisances sonores et des menaces sur les sites culturels.
Une souveraineté numérique autochtone
La décision impose désormais une consultation préalable pour tout projet de data center, même en dehors des terres tribales, si la Nation Cherokee est sollicitée pour un soutien. Cette approche préventive reflète une volonté de maîtrise territoriale, un enjeu qui résonne avec les défis africains de souveraineté numérique et énergétique.
Pour le Burkina Faso et l’Afrique, où les data centers se multiplient pour répondre à la demande en cloud et en IA, cette décision soulève des questions clés : comment concilier développement technologique et préservation des ressources ? Les communautés locales pourraient-elles, à l’instar des Cherokee, exiger un droit de regard sur ces infrastructures énergivores ?
Avec cette interdiction, la Nation Cherokee envoie un signal fort : l’innovation numérique ne doit pas se faire au détriment des équilibres écologiques et culturels. Une leçon pour les acteurs du secteur, en Afrique comme ailleurs.
Source : TechRadar
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