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La course mondiale au silicium de l'intelligence artificielle vient de gagner un nouveau protagoniste. Selon des informations rapportées par l'agence Reuters, le laboratoire chinois DeepSeek travaillerait à la conception de sa propre puce d'IA. Une ambition qui, si elle se confirme, illustrerait la volonté de Pékin de réduire sa dépendance aux composants américains.

D'après ces sources, le processeur ne servirait pas à entraîner de nouveaux modèles, mais à assurer l'inférence, c'est-à-dire la phase où un système déjà entraîné génère ses réponses aux requêtes des utilisateurs. C'est justement à ce stade que se joue une grande partie des coûts d'exploitation d'un service d'IA à grande échelle. Concevoir une puce sur mesure permet d'ajuster finement le matériel au fonctionnement de ses propres modèles, et donc d'en optimiser l'efficacité énergétique et économique.

La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre : l'action de Nvidia, leader incontesté des accélérateurs d'IA, a cédé 2,2 % en début de séance. Le signal est révélateur de la nervosité qui entoure le secteur dès qu'un acteur crédible menace, même partiellement, l'hégémonie du groupe californien.

DeepSeek n'est pas un inconnu. L'an dernier, le laboratoire avait stupéfié l'industrie en dévoilant un modèle de pointe conçu avec une fraction des puces et des ressources habituellement mobilisées. Cette prouesse avait démontré que les entreprises chinoises pouvaient rivaliser avec les meilleurs de la Silicon Valley, malgré les restrictions américaines à l'exportation de matériel avancé.

L'initiative s'inscrit dans une lame de fond : la quasi-totalité des grands développeurs d'IA cherchent désormais à maîtriser leur propre matériel. Le mois dernier, OpenAI a présenté sa première puce conçue avec Broadcom ; Amazon négocie la vente de composants sur mesure pour les centres de données de tiers ; et les processeurs TPU d'Alphabet connaissent une demande soutenue. La bataille de l'IA se déplace du logiciel vers le silicium, et la Chine entend y peser de tout son poids.

Reste une inconnue de taille : la fabrication. Concevoir une puce est une chose, la produire en volume à un nœud de gravure compétitif en est une autre, surtout sous le régime des sanctions. C'est là que se jouera la crédibilité réelle de l'ambition affichée par DeepSeek.

Source :

Média d'origine : The Hindu BusinessLine (d'après Bloomberg / Reuters)

https://www.thehindubusinessline.com/info-tech/chinese-ai-startup-deepseek-developing-own-ai-chip-report-says/article71193347.ece