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La transformation numérique du Burkina Faso avance avec une évidence souvent sous-estimée : plus un pays dématérialise ses services, plus il doit protéger ses données, ses réseaux et ses citoyens. Le portrait consacré par leFaso.net au commissaire principal Samire Bantida Yoni met en lumière cette dimension stratégique. Ancien commandant de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité, il symbolise une génération de spécialistes pour qui la sécurité nationale ne se joue plus seulement aux frontières physiques, mais aussi dans les serveurs, les téléphones et les plateformes.

Son parcours est révélateur de l’évolution des métiers de sécurité. Formé en mathématiques, en informatique et en protection des systèmes d’information, il a participé à la mise en place des bases de la police numérique burkinabè. La création et l’opérationnalisation de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité constituent un tournant : face aux escroqueries en ligne, usurpations d’identité, fraudes financières, attaques informatiques et risques liés au cyberterrorisme, l’État a besoin d’enquêteurs capables de comprendre à la fois le droit, les preuves numériques et les architectures techniques.

L’autre leçon de ce profil est institutionnelle. La cybersécurité n’est pas un simple service technique ; elle exige une architecture publique durable : stratégie nationale, coopération avec l’ANSSI, laboratoire de digital forensics, relais avec INTERPOL, formation de spécialistes et sensibilisation des citoyens. Dans un monde où une attaque peut partir d’un pays, transiter par plusieurs serveurs et viser une victime burkinabè, la coopération internationale devient aussi importante que les capacités locales.

À l’approche de Le Faso Digital 2026, cette mise en avant rappelle que l’innovation ne peut prospérer sans confiance. Les applications d’e-gouvernement, la fintech, les plateformes éducatives ou les futurs services d’IA auront besoin d’un socle de sécurité crédible. Le Burkina numérique se construira donc autant avec des développeurs qu’avec des enquêteurs, des juristes, des enseignants et des analystes capables d’anticiper les menaces.

 

Source : leFaso.net — 24/07/2026

Lien : https://lefaso.net/spip.php?article148109=