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Pékin passe à l’offensive éducative. Le 29 juin 2026, le Conseil des Affaires d’État chinois a publié un plan quinquennal qui rend l’intelligence artificielle compétence de base obligatoire pour les 280 millions d’élèves chinois, de l’école primaire au doctorat. Objectif affiché par Xi Jinping : former une génération « IA-native » capable d’assurer la souveraineté technologique face aux restrictions américaines sur les puces avancées.
Le document, pilier du plan « AI+ » 2024-2030, exige l’intégration de l’IA dans tous les programmes locaux dès la rentrée 2026-2027. Au primaire : robotique ludique, pensée algorithmique sans écran, éthique numérique de base. Au collège-lycée : littératie data, entraînement de petits modèles, cybersécurité et « valeurs socialistes fondamentales » appliquées aux IA génératives – les 7 500 modèles déjà enregistrés auprès du CAC en témoignent. À l’université : l’IA devient cours public fondamental, avec plus de 100 nouveaux cursus « X + AI » à la Fudan, et des doubles diplômes ingénieur-IA dans tout le pays.

Le ministère de l’Éducation impose prudence : pas d’évaluation standardisée nationale avant 2030, interdiction des devoirs nécessitant un outil commercial payant, et 120 heures de formation certifiante obligatoire pour tous les professeurs d’informatique d’ici 2028. Budget initial : 2,5 milliards de yuans (350 millions de dollars) pour laboratoires pédagogiques, auxquels s’ajoute le méga-plan infrastructures de 295 milliards de dollars sur cinq ans, reliant data centers nationaux via un backbone souverain.

Contexte : 70 millions d’emplois chinois sont jugés à haut risque d’automatisation selon Citibank, et 12,7 millions de diplômés arrivent chaque année sur le marché. Pékin veut transformer la pression démographique en avantage : produire des talents capables de faire tourner GLM-5.2, Qwen, Kimi K2.5 ou MiniMax M2.5 – trois modèles chinois désormais dans le top OpenClaw – sans dépendre de Nvidia H200, dont l’export reste contingenté.

La manœuvre est aussi géopolitique. Alors qu’Apple blinde iOS contre les IA pirates le 30 juin, et que Washington vise un ordinateur quantique utile en 2028, la Chine répond par le temps long : alphabétiser 200 millions d’enfants à l’IA avant 2030. Les écoles rurales seront connectées via la plateforme nationale smart education, avec tuteurs adaptatifs et enseignants augmentés.

Si le pari réussit, la Chine disposera en 2035 du plus grand vivier mondial d’ingénieurs IA souverains. Échec ou réussite, le 29 juin 2026 marque un tournant : l’IA devient en Chine une matière aussi fondamentale que les mathématiques – et une arme de puissance assumée.

 

Source originale : Bloomberg / The Edge Malaysia

Titre original : China Expands AI Education Across All Schools in Xi’s Technology Drive / China pushes all school levels to teach AI

https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-06-29/china-pushes-all-school-levels-to-teach-ai-in-xi-s-tech-drive