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Le Burkina Faso vient de franchir une étape décisive dans la modernisation de son administration. Réuni jeudi 30 juillet 2026 à Ouagadougou sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres a adopté un décret organisant un enregistrement de masse des populations, en vue de la délivrance d'un identifiant unique électronique à chaque citoyen. Une décision qui place la donnée au cœur de l'action publique burkinabè.

Illustration n°1 (générée par IA) — storytelling de l'article.

L'opération s'inscrit dans le projet d'identification unique pour l'intégration et l'inclusion en Afrique de l'Ouest (WURI), une initiative régionale qui vise à doter chaque habitant d'un identifiant électronique universel. Selon la ministre en charge de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabané, l'enrôlement reposera sur la biométrie, avec la collecte des empreintes digitales et de l'iris, dans le strict respect du cadre juridique désormais fixé par le décret. La campagne d'enregistrement devrait démarrer dans les prochaines semaines, et les citoyens sont invités à s'y faire enrôler en masse.

Illustration n°2 (générée par IA) — storytelling de l'article.

Point sensible du dispositif : la souveraineté des données. La ministre a tenu à préciser que l'ensemble du processus sera conduit par des structures publiques, afin de garantir que les données biométriques des Burkinabè, parmi les informations les plus sensibles qui soient, restent sous le contrôle exclusif de l'État. Un choix politique fort, à l'heure où la maîtrise des données personnelles est devenue un enjeu stratégique majeur pour les États africains, dans un contexte mondial marqué par la montée des cyberattaques contre les administrations.

Illustration n°3 (générée par IA) — storytelling de l'article.

Pour sécuriser l'opération, le gouvernement prévoit un dispositif de gouvernance à plusieurs étages : comités nationaux, régionaux, provinciaux et communaux, complétés par des mécanismes de gestion des plaintes destinés à garantir la transparence. De quoi rassurer une population dont l'adhésion conditionnera le succès de cette vaste campagne d'enrôlement.

Au-delà du volet administratif, ce chantier annonce une révolution des usages. Un identifiant unique fiable ouvre la voie à la dématérialisation accélérée des services publics, à une meilleure inclusion financière via le mobile money et la banque en ligne, à la fiabilisation de l'état civil et à la lutte contre la fraude documentaire. C'est aussi une gigantesque base de données nationale qui se prépare : son pilotage exigera des compétences de pointe en big data, en cybersécurité et en gouvernance de l'information.

Illustration n°4 (générée par IA) — storytelling de l'article.

Le même Conseil des ministres a d'ailleurs adopté un décret portant Répertoire général des métiers de la formation professionnelle, couvrant quatorze secteurs jugés stratégiques, dont la transition digitale. Objectif affiché : aligner l'offre de formation sur les besoins réels de l'économie et préparer les jeunes aux métiers d'avenir, y compris ceux que l'identité numérique ne manquera pas de créer.

Avec cette double décision, Ouagadougou affiche une trajectoire claire : bâtir un État numérique souverain, appuyé sur des données protégées et des compétences locales. Reste désormais à transformer l'essai sur le terrain, où le déploiement logistique dans toutes les communes du pays constituera le véritable test de cette ambition.