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Nous sommes au Burkina Faso, à Ouagadougou. Le vendredi 31 juillet 2026, des dizaines de participants ont accepté un pari singulier : déposer leur téléphone à l'entrée et vivre vingt-quatre heures sans aucun écran. C'était la première édition d'« OFF DAY : 24 h sans écran, 24 h pour moi », une initiative portée par l'Équipe de Recherche en Éducation aux Médias et au Numérique, l'EREMN, avec l'appui du Laboratoire Médias et Communication Organisationnelles et des étudiants en communication et journalisme de l'Université Joseph Ki-Zerbo.

À Ouagadougou, les participants déposent leurs téléphones avant de vivre 24 heures sans écran. © BNTIC News — illustration IA
Dès leur arrivée, les participants ont déposé leurs téléphones dans des bannettes prévues à cet effet, avant de rejoindre des ateliers consacrés à la créativité, à la communication interpersonnelle et à la sensibilisation aux pièges du numérique. Une conférence sur l'hyperconnectivité a permis aux spécialistes présents de rappeler les effets de la sursollicitation permanente : sommeil perturbé, attention fragmentée, stress, sans oublier l'exposition à la désinformation et aux arnaques en ligne.
Ateliers créatifs, conférence sur l'hyperconnectivité, jeux de société, moments d'échange : la journée a été pensée pour redonner toute sa place au contact humain. Pour les participants, l'expérience n'a pas toujours été facile. « Ce n'était pas évident de passer plusieurs heures sans téléphone, confie Hema Adama. À certains moments, j'avais envie de le consulter. Mais les activités ont largement compensé. Le numérique est devenu incontournable, mais nous devons apprendre à réduire notre temps d'écran et à privilégier les échanges avec nos proches. »

Jeux de société et échanges directs : la journée OFF DAY redonne toute sa place au contact humain. © BNTIC News — illustration IA
L'initiative a reçu un écho officiel. Représentant la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, la chargée de mission Élise Kaba a salué une démarche qui rappelle qu'il est possible d'utiliser autrement les outils numériques. Elle a insisté sur les risques à prévenir : hyperconnexion, désinformation, cyberharcèlement, dépendance aux écrans.
La présidente du comité d'organisation, Rebecca Sankara, tient à lever toute ambiguïté : il ne s'agit pas de diaboliser les technologies, mais de promouvoir un rapport plus équilibré avec elles. Le docteur Pierre Émile Bazyomo, concepteur de l'initiative, se félicite de voir la question de l'éducation aux médias et au numérique gagner le débat public. Des assises sont d'ores et déjà envisagées pour discuter de l'introduction de cette éducation dans les programmes scolaires.
Cette première édition s'inscrit dans une dynamique plus large. Alors que le Burkina Faso déploie son plan d'action national sur l'intelligence artificielle et accélère sa transformation digitale, la question de l'usage responsable devient stratégique : connecter un pays ne suffit pas, encore faut-il former ses citoyens à naviguer dans un environnement numérique où prolifèrent la désinformation et les cybermenaces.

Ateliers de sensibilisation à une citoyenneté numérique responsable, animés par des étudiants. © BNTIC News — illustration IA
Les organisateurs ambitionnent de faire d'OFF DAY un rendez-vous régulier. Une manière, en somme, d'inventer une citoyenneté numérique propre au Burkina Faso : connectée, mais jamais prisonnière des écrans.
SOURCE & LIEN
Source : Burkina24 — Christopher Somda, 01/08/2026
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