As Deep as the Grave, qui fait de Val Kilmer, décédé en avril 2025 , le protagoniste de 77 minutes grâce à l’IA, constitue-t-il un hommage cinématographique ou une marchandisation troublante des morts ?
Pour la première fois, un acteur disparu tient un rôle principal via une reconstruction numérique intégrale du visage et de la voix, élaborée à partir d’archives. Le projet a reçu l’aval explicite de sa fille et des ayants droit ; Kilmer avait lui-même expérimenté cette technologie pour Top Gun: Maverick (2022). Le cadre contractuel a été validé par la SAG-AFTRA.
Pourtant, la bande-annonce divise : prouesse technologique pour les uns, « spectacle macabre » pour les autres. Les précédents (Peter Cushing, Paul Walker) paraissent modestes face à cette résurrection centrale et prolongée. La production évoque déjà d’autres icônes (Monroe, Dean), élargissant le débat : un consentement familial posthume suffit-il à engager l’identité d’un artiste ?
Au-delà du film, la question est éthique et culturelle. Jusqu’où l’IA peut-elle exploiter l’image et la voix des défunts sans porter atteinte à leur dignité ? En Afrique, où la mémoire des ancêtres revêt une dimension spirituelle majeure, l’enjeu est sensible. Une adaptation des cadres juridiques sur l’image posthume et le patrimoine culturel s’impose.
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