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La transformation numérique du Burkina Faso ne se résume plus à l’équipement des administrations ou à la simple informatisation des services. Elle se joue désormais sur un terrain plus exigeant : la gouvernance de la donnée, l’intégration raisonnée de l’intelligence artificielle et la capacité du pays à former ses propres bâtisseurs du numérique. C’est précisément à cette jonction que se situe le parcours de Dr Aristide Aly Boyarm, mis en lumière par leFaso.net le 29 juillet 2026.

Image d'illustration générée par IA

Son itinéraire raconte d’abord une double compétence devenue rare et décisive. Formé en informatique et en modélisation des systèmes complexes, puis renforcé par un MBA, il a construit sa crédibilité dans les grands systèmes d’information européens avant de la réinvestir dans l’écosystème africain. En France, il a travaillé sur des migrations massives de contrats d’assurance, sur des projets d’externalisation et sur la conduite de transformations IT pour de grands groupes. Cette première séquence lui a donné une culture du pilotage, du risque, du budget et de l’industrialisation, autant de leviers souvent absents des discours trop théoriques sur l’IA en Afrique.

Le deuxième tournant de son parcours est international. À Vienne, au sein de l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires, il a contribué à des réflexions sur la cybersécurité, le cloud, les ERP, la gestion des connaissances et la planification des investissements numériques. Ce passage dans un univers de systèmes critiques l’a confronté à une réalité essentielle : la technologie n’a de valeur stratégique que si elle s’inscrit dans une architecture fiable, gouvernée et durable.

Le plus intéressant reste pourtant son retour vers les besoins africains. Avec AfricaCRM&SI, Dr Boyarm accompagne des organisations comme la CEDEAO, l’UEMOA, la Banque africaine de développement ou encore plusieurs ministères et entreprises. Son angle n’est pas celui du gadget technologique. Il insiste sur les schémas directeurs, l’audit, la conduite du changement et la gouvernance des données. Autrement dit, avant de parler d’algorithmes, il parle de maturité organisationnelle. C’est une leçon utile pour le Burkina Faso, où l’enthousiasme autour de l’IA doit encore rencontrer des réalités d’infrastructures, de compétences et de souveraineté.

Sa démarche prend une dimension encore plus concrète avec DEVCHAMPION. À travers cette plateforme, il ne se contente pas de commenter l’avenir : il forme des développeurs, structure des concours, connecte les jeunes talents au marché et diffuse une culture de professionnalisation. Son initiative Kid Code, tournée vers les enfants, prolonge cette logique en amont. Le message est clair : un pays ne devient pas souverain parce qu’il consomme des solutions intelligentes, mais parce qu’il produit des compétences capables de les concevoir, de les adapter et de les contrôler.

Son passage chez COMZA Burkina va dans le même sens. En s’intéressant à des services concrets, comme la distribution de crédits d’électricité prépayée, il rappelle que la transformation numérique n’a d’intérêt que si elle améliore la vie quotidienne. Dans un Burkina en quête d’efficacité publique et d’autonomie technologique, le profil de Dr Boyarm symbolise donc une orientation plus mûre de l’innovation : moins spectaculaire, mais beaucoup plus structurante. L’IA utile ne naîtra pas seulement dans les laboratoires ; elle prendra corps dans la gouvernance, la formation et les usages réels.

 

Source

Source : leFaso.net
Titre original : Les 100 Visages du Burkina Digital : Dr Aristide Aly Boyarm, stratège de l’intelligence artificielle au service de la transformation des organisations africaines
Date : 29/07/2026
Lien : https://lefaso.net/spip.php?article148255=