Un site littoral privilégié du Néolithique au haut Moyen Âge, Les Prés Biards, Erquy, (Côtes d'Armor)
Le résumé fourni par la source
L’intervention archéologique a permis de mettre au jour une successiond’occupations s’échelonnant du Néolithique au haut Moyen Âge. Latopographique remarquable rend le site très attractif et détermine lesimplantations sur les deux secteurs fouillés. La partie basse est consacrée aumonde funéraire pour les périodes les plus anciennes, tandis que le plateauaccueille habitats et activités artisanales au second âge du Fer et au haut MoyenÂge.Au pied du versant un espace funéraire se développe le long d’un ancien vallonet à proximité immédiate de la mer. Un premier monument mégalithique y estédifié, probablement au Néolithique (ou au Campaniforme/ début du Bronzeancien). Dans cet espace consacré, une nécropole composée de trois tumuluset plusieurs tombes adventices prend place au Bronze ancien, au tournant desIIIe –IIe millénaires. Les trois monuments se singularisent par leur couronne depierres et tertre conservé. Ils viennent renseigner les pratiques et architectures destumulus armoricains.Si des indices témoignent d’une présence humaine à proximité de l’emprise àla fin de l’âge du Bronze et au début de l’âge du Fer, c’est à La Tène anciennequ’un habitat occupe le secteur haut (seconde moitié du Ve s. / première moitiédu IIIe s. av.n.è.). Un puissant fossé enclot un bâtiment remarquable érigé sur lesommet et accompagné de probables structures de stockage semi-enterrées. Lesactivités artisanales en lien avec le travail métallurgique des alliages, l’extractiondu pourpre et la mise au jour d’éléments inédits en terre cuite de type moule ledistinguent des fermes indigènes de la période et orientent vers un site élitaire.A l’Antiquité, le secteur est en marge d’une importante villa, probablementimplantée au Pussoué à 300 m du site. Deux occupations importantes sesuccèdent au haut Moyen Âge. A partir du VIIe s. le site est densément occupé pardes installations artisanales aux architectures inédites et consacrées à l’extractiondu pourpre, à la métallurgie et possiblement au travail textile. A partir desVIIIe / IXe siècles le site est abandonné et change rapidement de statut. Aprèsremblaiement des infrastructures et du système fossoyé, un bâtiment monumentals’inscrit dans un nouvel aménagement spatial dans lequel des élévationsempierrées mettent en valeur ses abords. Il sera abandonné au XIe siècle.Toutes ces occupations, bien que partiellement mises au jour, restentexceptionnelles à plus d’un titre notamment grâce à leur niveau de conservation.Les architectures et activités pratiquées se singularisent par leur caractèreremarquable ou inédit. L’artisanat du pourpre y est bien représenté et renseignesur la chaîne opératoire jusque-là peu documentée en archéologie. Les restes decoquillages, poissons et animaux renseignent sur l’exploitation des ressourcesmarines et animales à des fins artisanales, alimentaires et probablement rituelles àl’âge du Fer et au haut Moyen Âge.
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