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INFECTION DU SITE OPERATOIRE DANS LE SERVICE DE CHIRURGIE GENERALE DE L’HOPITAL NATIONAL IGNACE DEEN

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Les infections du site opératoire (ISO) représentent une complication postopératoire majeure, grevée d'une morbidité et d'une mortalité significatives. L'objectif de cette étude était de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques, bactériologiques et thérapeutiques des ISO dans le service de chirurgie générale de l'Hôpital National Ignace Deen (CHU de Conakry, Guinée). Patients et méthodes : Il s'agissait d'une étude rétrospective descriptive sur deux ans (janvier 2022 – décembre 2023 incluant tous les patients opérés dans le service ayant présenté une ISO confirmée par examen cytobactériologique du pus. Les variables étudiées comprenaient les données épidémiologiques, la classification ASA, la classification d'Altemeier, les données bactériologiques, l'antibiogramme et l'évolution. Résultats : Sur 1 788 patients opérés, 87 cas d'ISO ont été retenus, soit une fréquence de 5,9%. Le sex-ratio était de 1,28. L'âge moyen était de 32,7 ± 12,6 ans (extrêmes : 5 et 77 ans), la tranche d'âge 35– 44 ans étant la plus représentée (52,9%). Soixante-quinze pour cent des patients (n=65) avaient été opérés en urgence. Les interventions étaient essentiellement classées 3 (34,2%) et 4 (55,3%) selon Altemeier, la péritonite aiguë généralisée étant le diagnostic pré-opératoire le plus fréquent. La fréquence des ISO était de 4,3% pour les classes Altemeier 1–2 et de 40% pour les classes 3–4. Le score ASA et la classe de contamination d'Altemeier étaient des facteurs de risque statistiquement associés à la survenue d'une ISO. Les ISO étaient superficielles dans 81,6% des cas (n=71), profondes dans 11,5% (n=10) et d'organe ou d'espace dans 6,9% (n=6). L'apparition de l'ISO survenait principalement entre le 4ème et le 12ème jour post-opératoire (délai médian : 9 jours). Sur les 87 prélèvements, 72 cultures étaient positives (82,8%). Escherichia coli était le germe le plus fréquemment isolé (n=32 ; 44,4%), suivi de Klebsiella pneumoniae (n=15 ; 21%). Toutes les souches étaient sensibles aux carbapénèmes et à la colistine (100%), ainsi qu'à l'amikacine (84,2%). Une résistance élevée était observée à l'ampicilline (94,9%), à la céfotaxime (93,1%), à la ceftazidime (89,3%) et à l'acide nalidixique (88,2%). La prise en charge reposait sur une antibiothérapie ciblée et des soins locaux chez tous les patients, complétée par une suture secondaire dans 26,3% des cas (n=23) et une reprise chirurgicale dans 6% (n=5). L'évolution était favorable dans 85,1% des cas (n=74). La mortalité était de 14,9% (n=13), principalement liée au choc septique, à la péritonite post-opératoire et à la dénutrition sévère. La durée moyenne d'hospitalisation était de 20 ± 3,22 jours (extrêmes : 10 – 65 jours). Les facteurs pronostiques significatifs étaient le diagnostic pré-opératoire (p=0,012), la perforation iléale (p=0,02) et l'isolement de Pseudomonas aeruginosa (p=0,002). Conclusion : Les ISO dans notre service sont principalement superficielles, dominées par Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae présentant une multirésistance aux antibiotiques couramment utilisés. La mortalité reste élevée, liée aux complications associées. La prévention des ISO doit s'appuyer sur la maîtrise des facteurs de risque identifiés, une préparation opératoire rigoureuse et une antibiothérapie prophylactique et curative guidée par les données locales de résistance bactérienne. Mots-clés : Infection du site opératoire, Escherichia coli, multirésistance, Altemeier, mortalité, Conakry, Guinée

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Surgical site infection preventionInfection Control in HealthcareNosocomial Infections in ICU

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