La blockchain comme technologie institutionnelle. Une analyse comparée de la traçabilité minière en République Démocratique du Congo et au Rwanda
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La blockchain est régulièrement présentée comme la réponse aux défaillances de la traçabilité minière en Afrique centrale. Cet article interroge l'écart entre cette promesse et les résultats observés. En mobilisant la lecture de la blockchain comme technologie institutionnelle, il montre que le registre distribué garantit l'intégrité des données saisies sans pouvoir certifier leur véracité au point d'entrée. Deux propositions sont mises à l'épreuve d'une étude de cas comparée, conduite sur corpus documentaire, entre le Rwanda, configuration la plus favorable au déploiement, et la République Démocratique du Congo, qui en concentre les conditions défavorables. Le cas rwandais établit que la fraude opère en amont de la première écriture, par conversion documentaire de minerais congolais en minerais rwandais ; le cas congolais montre que les dispositifs ne fonctionnent que là où le contrôle du premier maillon leur préexiste. La discussion, étendue aux chaînes agroalimentaires, pharmaceutiques et logistiques, montre une vulnérabilité générique dont le secteur minier concentre la forme la plus sévère. La blockchain ne résout donc pas le problème de confiance : elle le déplace et, alimentée de données fausses, confère à la fraude l'apparence de la preuve. La
Ce résumé expose les affirmations des auteurs. BNTIC ne l’interprète pas comme une validation indépendante des résultats.
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