Genté (16), Combe des Gourdins, Fief du Pilier: Rapport Final d'Opération d'Archéologie Préventive
Résumé fourni par la source
Du mois de janvier au mois d’avril 2022, l’opération d’archéologie préventive au lieu-dit La Combe des Gourdins – Fief de la Couture a permis de mettre au jour, d’observer et de documenter plusieurs phases d’occupation entre l’âge du Bronze et le haut Moyen Âge (fig. a).Phase 1 : L’occupation de l’âge du BronzeL’âge du Bronze est seulement représenté par un bâtiment circulaire sur poteaux et un poteau isolé (fig. b). Cet ensemble, BAT1209, se caractérise par 21 trous de poteaux dont 15 forment un cercle imparfait tandis que les six autres semblent partitionner l’espace interne. Au sud-est, deux fosses (FS1274 et FS1331) semblent s’intégrer au plan du bâtiment. Ce bâtiment présente donc un plan à tendance circulaire de 9,60 m de diamètre soit une superficie de 65,79 m2. Le mobilier céramique mis au jour est attribuable à la fin de l’âge du Bronze et plus particulièrement au Bronze final III B. Cette datation est confirmée par l’analyse au carbone 14 d’une graine laisse entrevoir une datation de cet ensemble entre la fin du XIIIe siècle et la fin du XIe siècles av. J.-C. (plus précisément 1210 – 1011 av. J.-C.).Ce type de plan n’est connu en Charente que depuis récemment. Plusieurs bâtiments circulaires dont un à porche sont identifiés à Longèves Les Grands Champs (Charente-Maritime) et plusieurs découvertes récentes s’ajoutent à un corpus grandissant (Saint-Pierre d’Oléron, Chaniers). Le plan du bâtiment mis au jours à Genté s’éloigne toutefois des standards des habitats sur poteaux porteurs de plan circulaire observés en France métropolitaine. Sa mise en œuvre et son architecture s’avère moins ostentatoire que les ensembles à cercles concentriques avec ou sans porches ou circulaires avec porches, comme à Auneau, Morancez ou à Gravigny. Il s’apparente plutôt à des bâtiments interprétés comme un bâtiment de stockage comme celui mis au jour à Quimper Kersaliou (Finistère) ou encore un enclos à bétail comme à Épannes (Deux-Sèvres) quoique ce dernier s’avère bien plus grand que l’ensemble BAT1209 de Genté. Le mobilier céramique, bien que la majorité des restes n’ait pas pu permettre d’identifier des formes, a révélé la présence d’écuelles et d’au moins deux grands vases, peut être dédiés à du stockage mais les structures du bâtiment (fosses et poteaux) n’ont pas révélé de carporestes en quantité suffisante pour affirmer cette hypothèse. La présence de mobilier issu de la sphère domestique pourrait indiquer que cet ensemble ait fait office d’habitat. Quel que soit la fonction de cet ensemble, il semble s’intégrer à un phénomène architectural plus vaste allant de la côte atlantique à la Champagne. L’occupation de l’âge du Bronze identifiée sur le site semble s’intégrer au modèle d’un habitat en en aire ouverte, selon une répartition spatiale peu structurée associant des structures isolées (PO1986 et voisins ?) et des zones laissées vierges.Phase 2 : Une ferme enclose du premier âge du FerL’occupation du premier âge du Fer est représenté par un enclos avec système d’entrée, aspect le plus monumental, et par plusieurs bâtiments sur poteaux porteurs. Cette occupation se développe peut-être dès la toute fin du IXe siècle av. J.-C., soit la période de transition entre l’âge du Bronze et l’âge du Fer, et prend fin au plus tard durant le dernier quart du Ve siècle av. J.-C., soit la période de transition avec le second âge du Fer. Le cœur de l’occupation semble se centrer sur les VIIIe – vie siècles av. J.-C., plus précisément les années 749-650.L’ensemble PAL2135 contingente l’implantation du premier âge du Fer, les bâtiments sur poteaux porteurs attribués à cette période étant situés à l’est de cet ensemble (fig. c). Cet ensemble est donc constitué deux tranchées symétriques en forme de L formant un passage de 2,10 m de largeur. Plusieurs trous de poteaux au sein des tranchées et en amont de celles-ci forment donc un ensemble architectural cohérent pouvant s’interpréter comme un édifice d’entrée de type de porche, couvert ou non d’une toiture.L’ensemble PAL2135 peut-être caractériser comme un enclos avec dispositif d’entrée et édicule associé dont le plan comme la mise en œuvre correspondent au type B2. Ce type d’enclos et d’entrée associée est connu pour la fin de l’âge du Bronze (site des Grands Philambins à Chasseneuil-du-Poitou, 86) jusqu’à la fin du premier âge du Fer, par exemple le site des Drouillards à Dompierre-sur-Mer (17) ou à Saint-George-des-Coteaux (17) et plus largement dans le centre-ouest. Celui mis au jour à Genté date des VIIIe et Ve siècles av. J.-C. (plus précisément 751 – 408 av. J.-C. L’espace séparant les tranchées en L formant l’entrée de cet enclos mesure 2,10 m s’intégrant à la frange haute des entrées mesurées pour ce type. Situées à 1,75 m à l’est du système d’entrée, deux paires de poteaux sont disposées dans l’axe du retour des tranchées. Ces paires sont disposées légèrement en V et forment manifestement un petit édicule associé à l’entrée dont le plan est similaire à ceux mis au jour à Dompierre-sur-Mer ou à Préguillac (17). L’entrée et son édicule sont suffisamment bien édifiés pour avoir supporté une toiture ainsi qu’un système de fermeture à un ou deux vantaux.L’enclos en lui-même ne semble pas avoir été palissadé. Il s’interrompt rapidement au nord et se poursuit plus longuement en direction du sud. L’interruption de l’enclos en direction du sud est dû à la pente et aux phénomènes de conservations inhérents aux vestiges archéologiques sur les versants. À l’inverse, l’interruption septentrionale est volontaire. La poursuite de l’enclosure, au nord-ouest comme en direction du sud-est a pu être mise en œuvre soit par végétalisation comme une haie arbustive ou par talutage bien qu’aucune structure mis au jour sur le site ne semble avoir été en mesure de fournir le volume de sédiments nécessaire. De fait, cet enclos n’apparaît pas réellement défensif, mais semble plutôt inscrire durablement et de façon ostentatoire dans l’espace voire au sein d’un terroir ou d’un finage plus vaste l’établissement de la Combe des Gourdins.Demeure la question de la poursuite de cet enclos au nord-est, à l’est et au sud-est. Aucun vestige fossoyé pouvant correspondre à la poursuite de cet enclos n’a été mis en évidence. Il semble donc possible que cette enclosure se soit poursuivie soit par un talutage modéré voire par une végétalisation des limites de cette dernière. À moins qu’elle n’ait tout simplement jamais été mis en œuvre. Le système d’entrée mis en évidence devait nécessairement donner sur un axe de communication, soit une voie d’importance relative soit via un chemin. Il n’y avait peut-être donc pas de raisons à poursuivre l’enclos au-delà de la zone faisant face à ces axes de communication. Cet établissement représentant donc un cul-de-sac du réseau viaire, et les espaces situés à l’est de l’entrée formeraient alors une limite diffuse entre espaces domestique et de stockage et ceux dédiés à la culture ou l’élevage.À l’intérieur de l’enclos on constate une disposition des bâtiments selon des groupes situés soit au nord soit au sud de ce système d’entrée nous permettant d’envisager, en creux, un possible cheminement à l’intérieur de cet enclos. Ce chemin desservant ces différents bâtiments au fur et à mesure de sa progression en direction de l’est.Parmi les 23 ensembles sur poteaux, on recense une majorité de module à quatre poteaux (20) dont la majorité ont une emprise au sol comprise entre 4 et 5 m2, un seul ensemble (BAT2994) possède une superficie inférieure à 4 m2 tandis que six ensembles se répartissent équitablement sur les classes 6-7 m2 et 7-8 m2. On recense deux ensembles sur quatre poteaux (BAT1045 et BAT1089) d’une superficie supérieure à 9 m2 tandis que les ensembles composés de plus de quatre poteaux (BAT1010, BAT1050 et BAT22632) dépassent les 10 m2 d’emprise au sol. Tous les ensembles reconnus appartiennent aux types IV.0a et IV.1a. À ce titre, les bâtiments mis au jours sur le site de Genté s’intègrent à la frange basse de
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