Impact des traitements néoadjuvants sur la qualité musculaire chez les patients atteints de cancer œso-gastrique opérable malgré la préhabilitation
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Introduction Chez les patients atteints d’un cancer œso-gastrique opérable, les traitements néoadjuvants peuvent altérer précocement la composition corporelle malgré une optimisation préopératoire nutritionnelle et physique. La dégradation de la qualité musculaire (myostéatose) pourrait précéder la perte de masse musculaire (myopénie), mais l’impact comparé de la chimiothérapie et de la radiochimiothérapie reste mal connu. Méthodes Étude observationnelle incluant des patients atteints de cancer œso-gastrique opérable traités par néoadjuvant entre 2019 et 2023, disposant de deux scanners au diagnostic (T0) et avant chirurgie (T1). La masse musculaire (SMI), la densité musculaire (SMD) et les compartiments adipeux ont été mesurés sur une coupe scannographique en L3. Les paramètres biologiques incluaient l’IMC, l’albuminémie, la CRP, les plaquettes, les neutrophiles, les lymphocytes, le NLR et le PLR. La myopénie et la myostéatose étaient définies selon les critères de Martin. Résultats 59 patients ont été inclus (29 chimiothérapies, 30 radiochimiothérapies ; délai moyen T0-T1 128,9 jours). Une diminution significative du SMD a été observée (Δ médiane −2,87 UH ; p < 0,001), sans variation du SMI (p = 0,19) ni de l’IMC (p = 0,072). Les plaquettes et les lymphocytes diminuaient significativement, tandis que le NLR augmentait. La myopénie était fréquente dès le diagnostic (62,7 %) et restait élevée à T1 (60,0 %). La myostéatose était très prévalente à T0 (87,6 %) et s’aggravait après traitement néoadjuvant (90,0 %). La dégradation du SMD ne différait pas entre chimiothérapie et radiochimiothérapie (p = 0,21), comme les variations du SMI, de l’IMC et des compartiments adipeux. En revanche, la radiochimiothérapie était associée à une diminution plus marquée des neutrophiles (p = 0,001) et des lymphocytes (p < 0,000001), ainsi qu’à une augmentation plus importante du PLR (p < 0,00001). Une tendance à une augmentation plus importante du NLR était observée (p = 0,068). Conclusion Chez les patients atteints de cancer œso-gastrique opérable traités par néoadjuvant, la qualité musculaire se détériore précocement entre le diagnostic et la chirurgie, indépendamment de la modalité thérapeutique, malgré la stabilité de la masse musculaire et de l’IMC. La radiochimiothérapie est associée à des altérations hématologiques plus marquées que la chimiothérapie. La concomitance entre dégradation de la qualité musculaire et variations des marqueurs inflammatoires suggère des interactions entre qualité musculaire et homéostasie immunitaire.
Ce résumé expose les affirmations des auteurs. BNTIC ne l’interprète pas comme une validation indépendante des résultats.