From monitoring pollinators and their interactions to pollination services in agricultural landscapes : influence of cultivated fields
Résumé fourni par la source
La pollinisation par les animaux est essentielle pour la production de 70% des cultures mondiales. Cette contribution aux rendements des cultures est souvent associée à la diversité et à l’abondance des pollinisateurs au sein des cultures. Diversité et abondance des pollinisateurs sont souvent impactées par le paysage qui, en fonction de sa composition, fournit des quantités de ressources florales qui varient spatialement et temporellement. Malgré la prédominance des champs cultivés dans les systèmes agricoles, l'impact des facteurs paysagers liés aux champs cultivés reste assez peu documenté contrairement aux habitats semi-naturels. De plus, le cycle de vie des pollinisateurs suggère que les effets du paysage peuvent se répercuter d’une année sur l’autre. L’objectif général de cette thèse est d’étudier les liens entre effets des champs cultivés, suivi des pollinisateurs et service de pollinisation des cultures. Ce travail repose sur l’analyse de réseaux d’interactions plantes-pollinisateurs et le développement d’une méthode de suivi acoustique des pollinisateurs pour étudier le service de pollinisation et les mécanismes sous-jacents.Dans un premier temps, nous avons quantifié la contribution de différentes ressources florales des champs cultivés de l’année précédente au service de pollinisation du colza. Nous montrons que le colza dépend en majorité des autres ressources florales plutôt que de lui-même pour le maintien des espèces de pollinisateurs délivrant le service de pollinisation. La contribution de la flore adventice des cultures est au moins aussi importante que celle provenant des cultures à floraison massive. La majeure partie de cette contribution provient des adventices présentes au sein des parcelles des céréales, habituellement négligées dans les études sur le service de pollinisation. Dans un deuxième temps, nous avons cherché à déterminer si le suivi acoustique des pollinisateurs pouvait être une méthode permettant d’étudier le service de pollinisation du tournesol. Nous montrons que l’apprentissage profond semble être la méthode d’apprentissage machine la plus efficace pour reconnaître le son émis par les pollinisateurs et que la méthode de suivi acoustique des pollinisateurs donne des informations en adéquation avec la littérature sur la biologie des pollinisateurs. Nous démontrons également que cette méthode de suivi des pollinisateurs, de par sa continuité temporelle, permet de s’affranchir de certains biais inhérents aux méthodes classiques et permet ainsi de mettre en évidence des effets paysagers subtils.En conclusion, notre travail permet de souligner l’importance des champs cultivés dans le cadre des études sur le service de pollinisation. Nous démontrons que des modifications de l’assolement et de pratiques au sein des champs cultivés, y compris dans les champs dont les cultures ne dépendent pas des pollinisateurs, peuvent avoir un impact important sur le service de pollinisation des cultures. Bien que de nombreux développements techniques et méthodologiques restent à mettre au point, nous montrons que le suivi acoustique est une méthode prometteuse pour le suivi des pollinisateurs dans le cadre des études sur le service de pollinisation. Enfin, nous discutons des liens entre les proxys de pollinisation issus des suivis de pollinisateurs et le service de pollinisation.
Ce résumé expose les affirmations des auteurs. BNTIC ne l’interprète pas comme une validation indépendante des résultats.