Terres-de-Haute-Charente (16), Le Quérois (Suris)
Rattachement africain : fr. Niveau de preuve : code pays fourni par la source.
Le résumé fourni par la source
La fouille préventive de Suris « Le Quérois », préalable à l’aménagement en 2 × 2 voie de la RN 141 sur le tronçon entre Exideuil-sur-Vienne et Roumazières-Loubert, s’est déroulée entre le 07 décembre 2020 et le 19 février 2021. L’emprise fouillée, sur une superficie d’environ 2 hectares, se situe sur un terrain localisé en haut du versant sud de la colline de Fougerat culminant à 251 m NGF, en rive gauche de la Charente. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour plusieurs occupations entre la Protohistoire ancienne et la période gallo-romaine, concentrées dans la moité nord de l’emprise décapée. La moitié sud-ouest de celle-ci est par ailleurs occupée par de nombreuses anomalies, dont une grande partie s’est révélée d’origine naturelle ou pouvant correspondre à des empreintes racinaires et chablis liés à l’aménagement paysager récent.Les vestiges caractérisant la première période d’occupation sont très ténus et pour le moins diffus. Les structures anthropiques les plus anciennes ont été repérées en partie basse du terrain, dans le quart nord-est de l’emprise. Elles correspondent à quelques fosses très arasées qui contenaient du mobilier céramique en faible quantité attribuable à l’âge du Bronze ancien. Une datation radiocarbone sur un charbon de bois conforte cette attribution chronologique. Quelques pièces lithiques éparses et la découverte hors-contexte de fragments de meule va-et-vient témoignent également de la fréquentation du site durant la Protohistoire ancienne.La principale occupation mise au jour concerne un petit établissement rural de la fin du second âge du Fer. Probablement ouvert, il est localisé au nord de l’emprise, en bordure du plateau, et occupe une surface minimale de 400 m² environ. Il est matérialisé par un grand bâtiment sur deux poteaux faîtiers et parois déportées et un potentiel deuxième bâtiment plus petit dont le plan n’est pas identifié précisément. Au moins une fosse de rejet peut être associée à cette petite unité d’habitation. La chronologie de cette occupation, basée principalement sur les résultats d’une série de datations radiocarbone, s’inscrit entre le début du IIe s. av. J.-C. et le milieu du Ier s. av. J.-C. Le mobilier collecté est restreint et peu diversifié (céramique, macro-lithique). Il apporte cependant quelques informations sur les activités pratiquées, qui sont liées à la sphère domestique : consommation de vaisselle culinaire (pot, faisselle) et de vaisselle de table (vase à liquide), consommation de vin importé de la péninsule italique (amphore de type Dressel 1), activité de mouture (meule rotative). La faune est totalement absente. Cet établissement devait s’insérer dans un réseau parcellaire dont il ne reste que peu de traces. Il n’est cependant pas exclu que le parcellaire existant à la période suivante était déjà en place dès la fin de l’âge du Fer, si ce n’est auparavant.L’occupation de la période antique est matérialisée notamment par un réseau de fossés parallèles traversant l’emprise selon un axe ouest-est, observé de manière discontinue en raison de l’érosion importante du terrain. Un large fossé irrégulier, encadré au nord et au sud par deux fossés bordiers plus petits pourraient ainsi correspondre à un axe de circulation (chemin creux ?) dont la période d’abandon est à situer probablement vers la fin de l’Antiquité. En bordure nord de cet axe, une incinération en urne a été mise au jour. Le dépôt funéraire, dépourvu d’offrande, se compose d’un simple vase cinéraire scellé par un couvercle en tuile et déposé dans une petite fosse. L’inhumé est un individu mature de sexe indéterminé. Apparemment isolée et localisée en limite d’une trame parcellaire, cette sépulture pourrait ainsi s’apparenter à une sépulture de bornage. Elle est datée entre le début du IIe et le milieu du IIIe s. ap. J.-C. d’après une datation radiocarbone effectuée sur charbon de bois.La dernière phase de l’occupation à la période moderne et contemporaine est mise en évidence par un second réseau de fossés parcellaires, dont l’organisation suit une trame orthogonale NNO-SSE épousant la configuration naturelle du terrain. La mise en place de ces fossés parcellaires, dont la datation est assurément postérieure à la trame antique d’après les observations stratigraphiques, devait ainsi contribuer à la gestion de l’écoulement des eaux de ruissellement et limiter les phénomènes d’érosion. La découverte de rares éléments mobiliers (une monnaie du XIIIe-XIVe s., céramique) indique qu’il pourrait être en usage dès la fin de la période médiévale. Les aménagements paysagers récents découverts lors de la fouille (culture de la vigne, piquets de clôtures), ou encore existants peu de temps avant (haies vives), reprenant cette même trame parcellaire témoignent de la continuité de la mise en valeur de ce terroir et de l’exploitation des terres pour la mise en culture ou l’élevage jusqu’à une période très récente.
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