Revisiter la chronologie de Notre-Dame de Paris : une approche combinée de méthodes de datation absolue et relative
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La chronologie du chantier médiéval de Notre-Dame de Paris se fonde essentiellement sur des sources écrites. Cependant, les investigations menées dans le cadre du chantier scientifique MC/CNRS par les GT Bois, Métal et Pierre permettent aujourd’hui d’établir de nouveaux jalons chronologiques solides pour l’étude de la cathédrale. En effet, de nombreuses questions demeurent quant à la chronologie de Notre-Dame de Paris, tant pour le chevet que pour la nef. A quelle époque les travaux de la nouvelle cathédrale gothique ont-ils réellement débuté ? Comment et à quelle vitesse ont-ils été conduits ? Comment les différentes phases du chantier se sont-elles succédées et articulées entre elles ? Les textes, qui sont peu nombreux et parfois contestables en raison de la nature discutable de certaines sources, n’offrent qu’une chronologie simplifiée et laissent en suspens une série de problèmes qui ont été insuffisamment étudiés. Des analyses dendrochronologiques concernant la charpente du haut vaisseau avaient été réalisées entre 1991 et 1996, mais aucune autre analyse matérielle n’avait été menée avant le chantier scientifique. Aujourd’hui, grâce à l’étude des vestiges archéologiques suite à l’incendie et la présence des scientifiques sur le chantier de restauration, d’une part, des études dendrochronologiques sur des bois des parties basses du chevet sont ajoutées à celles nettement plus nombreuses des charpentes, et d’autre part, des datations par le radiocarbone ont pu être réalisées sur des agrafes et goujons en fer retrouvés dans les maçonneries à divers endroits du monument. Ces nouvelles données fournissent une documentation inédite qui permet de réfléchir à nouveaux sur la chronologie de la cathédrale. Le partage et le croisement de ces indices matériels obtenus par des méthodes de datation absolue représentent une approche novatrice pour l’étude de Notre-Dame de Paris et dans le domaine de l’histoire de la construction médiévale. La mise en relation de ces données avec l’étude des textes s’avère également essentielle afin d’esquisser un nouveau phasage de la construction auquel peuvent être associés des repères chronologiques fiables. Ainsi, le cas de l’étude de Notre-Dame de Paris permet de mettre en avant toute l’importance de la centralisation, du partage des résultats et de la combinaison de méthodes de datations absolues et relatives.
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