La relecture du romancero par les vihuelistes de la Renaissance
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Le résumé fourni par la source
Les romances espagnols de la Reconquête relataient sur le mode épique des faits passés sur une mélodie récurrente qui servait surtout d’outil mnémotechnique pour réciter de longues narrations. Lorsque Diego Pisador reprend un romance, il n’en prend que quelques vers : du coup, le rapport entre les mots et les notes se fait plus étroit. D’un poème épique, il élabore une amplification lyrique, une véritable composition musicale, opère un véritable changement d’esthétique : le passage de la longue narration sur un thème musical bref et récurrent qui caractérisait le romance médiéval de la Reconquista, à une forme musico-littéraire plus brève mais plus élaborée, propre à introduire la vibration lyrique dans la matière épique. Familier de la Cour, il entend ainsi servir les desseins politiques de Philippe Il à qui il dédie son œuvre : le compositeur vihueliste qu’était Pisador en effet participe à l’effort de l’intégration du Maure poursuivi par la politique de la Maison d’Autriche. Mais les noces n’eurent pas lieu et les Maures furent au contraire expulsés en 1609. L’analyse de cette chanson nous donne l’occasion de découvrir les moyens employés par le musicien pour se livrer à une véritable amplification lyrique d’un simple récit par la musique. La chanson savante n’est pas non plus une composition dans laquelle la mélodie traduirait simplement en musique le texte poétique de façon tout à fait parallèle : la musique n’est pas qu’une répétition, sous une autre forme, de la parole, ou bien l’image sonore d’un texte. Musique et poésie constituent deux moyens autonomes d’expression mais qui, dans une chanson, concourent à un même but : ces deux moyens d’expression tantôt se rejoignant, tantôt s’émancipant l’un de l’autre, de sorte que le propre de la chanson réside justement dans cette tension constante entre ses deux composantes. La mise en musique d’un texte poétique implique donc de la part du compositeur une certaine lecture interprétative du texte puisqu’il privilégie certains éléments de celui-ci pour les traduire, ou pour les amplifier parfois, par la mélodie qu’il leur attribuera. Spanish romances, at the time of the Reconquista, used to tell about past events in the epic mode, on a melodious rhythm which made it easier for the minstrel to store up long narratives in his memory. When Diego Pisador took up a romance, he merely kept a few lines from it. As a result, there is a closer relationship between the words and the notes. On the basis of an epic poem, he made a genuine musical composition through lyrical amplification. He brought about a real aesthetic change, passing from the long narrative based on a short recurrent musical theme, which characterized the medieval romance of the Reconquista, onto a shorter and more elaborate form which blends lyrical vibration and epic contents. As a member of the Royal Court, he intended to serve Felipe II’s interests, and dedicated his work to him. As a vihuelist composer, Pisador contributed to the Moor’s integration, in accordance with the policy which was being implemented by the House of Austria. But the wedding did not take place, and the Moors were expelled in 1609. An analysis of the song clearly reveals how the musician could provide real lyrical amplification to a simple tale through music. The new piece does not simply put music on a poetical text, the music does not simple parallel words, it is not only the musical image of a text. The music and the poem are two autonomous means of expression which, within the song, aim at the same objective. Sometimes they get very close to each other, at other times, each of them follows its own free movement, so that the song is precisely characterized by the permanent tension between its two components. Thus, setting poetry to music implies a certain degree of interpretation on the part of the composer, since he selects those elements which will be translated or amplified by the melody. Los romances españoles de la época de la Reconquista solían contar en el modo épico hechos pasados sobre una melodía que servía ante todo como medio mnemotécnico para contar largas narraciones. Cuando Pisador emplea a su vez un romance, sólo emplea algunos versos: en consecuencia, la relación entre la letra y las notas de la melodía resulta más estrecha. A partir de un poema épico, elabora una amplificación lírica, una verdadera composición musical, efectúa un verdadero cambio estético: el pasar de la larga narración sobre un tema musical corto y recurrente que caracterizaba el romance medieval de la Reconquista hacia una forma más corta pero asimismo más elaborada, idónea para introducir la vibración lírica en la materia épica. Familiar de la Corte, tiene el propósito de servir los objetivos politicos de Felipe II a quien dedica su obra: el compositor vihuelista, que era Pisador en efecto, participa del esfuerzo de integración del Moro que trataba de llevar a cabo la Casa de Austria. Pero no se celebraron dichas bodas y por el contrario los Moros fueron expulsados en 1609. El análisis de esa canción nos da la oportunidad de descubrir los medios que empleó el músico para crear una verdadera amplificación lírica de una mera narración gracias a la música. La canción culta tampoco consiste en una composición en la cual la música se contentaría con repetir bajo otra forma la letra o la imagen sonora de un texto. Música y poesía constituyen dos medios autónomos de expresión los cuales, sin embargo, en una canción, concurren a una misma meta: bien coincidiendo, bien emancipándose el uno del otro, de forma que lo propio de la canción consiste justamente en esta tensión constante entre sus dos componientes. El poner en música un texto poético implica pues por parte del compositor cierta lectura interpretativa del texto ya que privilegia ciertos elementos de dicho texto para traducirlos, o para amplificarlos a veces por la melodía que va a atribuirles.
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