Nietzsche, lecteur des classiques: quels enjeux?
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Le classicisme : un régime de la représentation Les trois unités-temps, action, lieu 4. Nietzsche et la « guérison classique » Le problème nihiliste du Romantisme La guérison par la forme La guérison par le double 2 Il ne s'agit bien sûr pas là d'adhérer à la pensée politique de Carl Schmitt, qui fût un proche de Göring, mais à ses analyses intéressantes sur le Romantisme allemand, présenté comme réaction religieuse et non, comme révolution politique : « Schlegel hat seinen Enthusiasmus bald überwunden ; bald war ihm die französische Revolution nicht mehr grossartig genug, und er bemerkte die wahre Revolution wäre höchstens noch in Asien möglich ; die konkrete Revolution liess er nur noch als einen ganz erfreulichen Versuch gelten.Die Revolution der Romantiker aber selbst stand darin, ein neues Evangelium, eine neue Genialität, eine neue Universalkunst zu sprechen.» In Politische Romantik, Duncker & Humblot, 1919, p. 20.mouvement allait reprendre en fait la plupart des contre-arguments qu'avaient énoncés les Modernes, à la fin du XVIIe siècle en France, dans leur querelle aux Anciens.Parmi ces derniers l'on comptait d'abord les noms de Corneille, Chapelain, Guez de Balzac, puis dans la seconde moitié du siècle, ceux de l'abbé d'Aubignac, de Boileau, Molière, Racine et de La Bruyère.Ces Anciens défendaient un modèle de naturel, de bienséances et de vraisemblances qui dans ses règles, cherchaient à soumettre le caractère déraisonnable du baroque à l'idée d'une « norme esthétique » fondée en raison (Patrick Dandrey) 4 .Leurs jugements sur le Beau participaient en réalité plus d'une théorie du « bon goût » et d'un début de police des moeurs, que de ce rationalisme français qui sera davantage propre au siècle des Lumières.Le « bon goût » des écrivains classiques participait en effet davantage d'une manière de se comporter en société et si l'art des classiques devait respecter des règles de vraisemblance et de bienséance, c'était d'abord pour ne pas choquer le public en termes de morale.Les Modernes au nombre desquels venaient Perrault, Nicole, ou Arnauld ne reniaient pas les règles rhétoriques des classiques, mais refusaient de considérer qu'un modèle de perfection artistique avait été atteint les auteurs antiques.Les Modernes voulaient pouvoir faire l'éloge direct de leur Roi, et parler au présent de leur propre mythe politique : celui de « Louis le Grand » 5 .Les Modernes qui défendaient l'idée des sciences et du progrès (on pensera à 4 Patrick Dandrey, « les deux esthétiques du Classicisme français » in Littératures Classiques : Qu'est-ce qu'un Classique ?Paris, Klincksieck, automne 1993, n°13, p. 145-146 : « Aussi, parmi les concepts ordinairement convoqués pour définir le génie du classicisme français-clarté, mesure, rationalité, perfection, équilibre, régularité, naturel, vraisemblance, lucidité, évidence, maîtrise…-aucun ne paraît-il mieux subsumer l'ensemble que celui de norme : l'écrivain classique se définirait ainsi prioritairement par son souci constant de la norme à respecter, à incarner et à produire.Autrement dit, par sa référence aux valeurs [et] son désir de se faire valeur de référence […] ». 5 C'est l'objet même de la querelle des Anciens et des Modernes.Charles Perrault présente en janvier 1687 son poème Le siècle de Louis le Grand devant l'Académie Française.Celui-ci est rédigé à l'occasion d'une maladie choisit-il d'opérer un retour dans l'Histoire et de s'intéresser à la période classique des Français ?Notre exposé va tenter de répondre à cette interrogation en soulignant comment Nietzsche va être progressivement amené à renier son Romantisme de jeunesse.Constatant l'impossibilité d'une Renaissance classique de l'Allemagne, Nietzsche s'intéressera à ce qui la rendit possible en Italie, en Espagne et en France, découvrant dans cette dernière un modèle mettant en évidence le « régime poético-mimétique » des Classiques (Jacques Rancière) 8 .C'était par le développement des arts classiques autrement dit par la volonté de représenter le monde, que le « sujet moderne » pouvait aux yeux de Nietzsche, encore échapper à son penchant tragique.I. Nietzsche face à l'échec du Classicisme allemand.Le « Classicisme allemand » est-il un oxymore ?Nietzsche est le premier, en tant que philologue 9 , à interroger sa culture sur la validité du terme «Classiques allemands » : « Existe-t-il des classiques allemands ?-Sainte Beuve a fait remarquer une fois que le mot « classiques » sonnerait véritablement mal si on l'appliquait [à la manière des Français] à d'autres littératures : qui pourrait en effet parler aussi facilement de « classiques allemands » ?» 10 .Rares sont les auteurs allemands qui avaient cherché à se qualifier eux-mêmes de « classiques » et si l'Allemagne littéraire se plonge brièvement par 8 Jacques Rancière, le partage du sensible, esthétique et politique, Paris, La Fabrique, 2000.9 Vgl Hugh Lloyad-Jones' Artikel, Nietzsche and the study of the Ancient world, S. 1-32.
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