Le paludisme dans le district sanitaire centre de Dakar (Sénégal). Données entomologiques, parasitologiques et cliniques
Résumé fourni par la source
Poursuivant la collecte de donnees sur le paludisme dans la ville de Dakar, nous avons explore, apres le district sanitaire sud abritant le centre-ville, le district centre, le plus etendu de l’agglomeration qui en compte deux autres, les districts ouest et nord. L’etude s’est deroulee de mars 1996 a fevrier 1997 dans 12 sites choisis de maniere a couvrir tout le district parmi lesquels deux situes dans des bidonvilles et trois dans un ancien village absorbe par la ville. Elle a consiste a effectuer des prospections entomologiques mensuelles dans chaque site en vue d’identifier les vecteurs d’une part, et, d’autre part, a proceder par des visites hebdomadaires, a un suivi parasitologique et clinique des habitants pour determiner la prevalence de la maladie et l’incidence des acces palustres. Pour un total de 308/hommes/nuits de capture et la collecte de la faune residuelle matinale dans 1 495 pieces habitees, 12 879 femelles de Culicidae ont ete obtenues dont 199 anopheles, soit 1,5 %, le reste etant constitue a 98 % de Culex quinquefasciatus. Comme dans le district sud precedemment etudie, seul A. arabiensis a ete collecte. Avec un nombre de piqures par homme et par nuit (P/H/N) de 0,3 et un nombre de femelles par piece (F/P) de 0,07, les anopheles sont apparus peu abondants dans le district, notamment dans cinq sites ou leur presence n’a pas ete decelee. Leur nombre n’a ete relativement important qu’au cours de la saison pluvieuse, notamment en septembre, avec un nombre de P/H/N de 2,25 et un nombre de F/P de 0,3 et dans trois sites situes dans des zones non amenagees ou a ete collecte 81,4 % de l’effectif. Le taux de parturite des femelles capturees sur homme a ete de 32,6 % et celui des femelles endophiles de 50 %. L’examen des glandes salivaires n’a pas revele la presence de sporozoites de Plasmodium chez les femelles dissequees (98,5 % du total collecte). Le suivi parasitologique et clinique a concerne 2 583 personnes âgees de 1 mois a 80 ans appartenant a 285 familles residentes et volontaires. Parmi elles, 41,9 % etaient âgees de moins de 15 ans et 92,2 % residaient a Dakar depuis plus de 2 ans. Des gouttes epaisses et frottis mensuels ont permis d’enregistrer un indice plasmodique (IP) de 1 % et un indice gametocytique de 0,1 %. Seul P. falciparum a ete retrouve chez les sujets parasites, dont 80 % environ ont sejourne, durant la periode d’etude, en zone rurale ou l’infestation a pu se produire. Des porteurs d’hematozoaires ont ete enregistres a toutes les tranches d’âge avec des IP variant de 1,6 % chez les moins de 2 ans a 0,4 % chez les sujets âges de 20 ans et plus qui se sont reveles de facon significative moins frequemment parasites. Des sujets parasites ont ete depistes tous les mois durant la periode d’etude avec des IP variant de 0,4 % en janvier a 1,9 % en decembre et c’est au cours du dernier trimestre de l’annee qui suit immediatement la saison pluvieuse (juillet a septembre), qu’ils ont ete plus nombreux que durant les autres avec un effectif correspondant a 38,8 % du total enregistre au cours de l’etude. L’IP inferieur ou au plus egal a 1,2 % dans 10 sites s’est nettement accru dans les deux sites situes dans des bidonvilles peuples majoritairement d’immigrants d’origine rurale pour atteindre respectivement 3,8 et 6,8 %. A la fin de l’annee d’etude, 1 067 parmi les participants ont ete consideres comme ayant beneficie d’un suivi medical satisfaisant. Pour cette cohorte l’incidence annuelle de la parasitemie a ete de 5,1 % et celui des acces palustres de 2,4 %. Ces taux n’ont pas varie de facon significative selon l’âge, se situant entre 1,8 et 7,6 % pour la parasitemie et 0,8 et 3,5 % pour les acces palustres. Mais ils ont differe significativement selon les sites et sont apparus nettement plus eleves dans les deux se trouvant dans des bidonvilles, s’elevant respectivement a 12,1 et 36,5 % pour la parasitemie et a 6,1 et 15,9 % pour les acces palustres. Il n’a pas ete possible avec les resultats obtenus d’evaluer la transmission du paludisme sur la base des donnees entomologiques. Mais des estimations effectuees a partir du nombre de sujets parasites ont donne 1 piqure infectee d’anophele/homme tous les 20 ans pour l’ensemble du district et 1 piqure infectee respectivement tous les 3, 8 et 10 ans pour chacun des trois sites les plus atteints. La faible prevalence du paludisme dans le district sanitaire centre de Dakar et aussi dans le district sanitaire sud precedemment etudie pourrait s’expliquer par l’amenagement urbain et un acces plus facile aux soins medicaux comme dans d’autres centres urbains d’Afrique de l’Ouest et aussi, et surtout, par sa situation en zone nord-soudanienne avec une pluviometrie annuelle generalement inferieure a 400 mm.
Ce résumé expose les affirmations des auteurs. BNTIC ne l’interprète pas comme une validation indépendante des résultats.