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Comprendre les failles

Les défauts de chiffrement

La protection existe, et elle ne protège plus, ou pas contre ce qu'on croit.

Ce que c'est

Chiffrer, c'est rendre illisible à qui n'a pas la clé. Le mécanisme repose sur des algorithmes dont la solidité s'use : ce qui demandait des siècles de calcul il y a quinze ans en demande quelques heures aujourd'hui, et un algorithme autrefois recommandé devient une protection de façade. La seconde moitié du sujet est la vérification d'identité. Quand votre navigateur ouvre une adresse en HTTPS, il ne se contente pas de chiffrer : il vérifie, grâce à un certificat, que le serveur en face est bien celui qu'il prétend être. Un programme qui chiffre sans vérifier ce certificat travaille comme quelqu'un qui murmure un secret à un inconnu parce qu'il porte le bon uniforme.

Ce qu'un attaquant peut en obtenir

Sans vérification de certificat, un attaquant placé entre vous et le serveur peut se faire passer pour lui : il lit tout, modifie ce qu'il veut, et la communication reste chiffrée du point de vue des deux extrémités. C'est le scénario classique du réseau Wi-Fi partagé, et il ne demande aucun matériel particulier. Un algorithme dépassé, lui, donne un délai plutôt qu'une protection : les données interceptées aujourd'hui sont conservées et déchiffrées plus tard, ce qui compte pour tout ce qui garde de la valeur dans le temps, dossiers médicaux, contrats, identités.

Ce qui protège

  • Mettre à jour : les bibliothèques de chiffrement sont parmi les composants les plus souvent corrigés, et ce sont aussi ceux qu'on oublie le plus, parce qu'ils ne se voient nulle part dans l'interface.
  • Servir tout le site en HTTPS, pages publiques comprises. Un certificat gratuit s'obtient en quelques minutes, et il n'y a plus aucune raison d'y renoncer.
  • Vérifier la date d'expiration des certificats et automatiser leur renouvellement : un certificat expiré affiche à vos visiteurs un avertissement qui leur apprend à passer outre, ce qui est le contraire du but recherché.
  • Sur un réseau Wi-Fi partagé, ne rien saisir de sensible sur une page qui n'affiche pas le cadenas.

Ces mesures valent pour la famille. Pour une vulnérabilité précise, l'avis de l'éditeur fait foi, et la fiche de la vulnérabilité porte l'action officielle.

Pourquoi ce défaut revient si souvent

Parce que la vérification de certificat est ce qu'on désactive en premier quand un développement ne marche pas, et qu'on oublie de réactiver ensuite. Et parce qu'un algorithme dépassé continue de fonctionner : rien ne s'arrête, rien n'alerte, le produit se comporte exactement comme le jour de son installation. Une protection cryptographique ne vieillit pas visiblement.

Ce qui doit vous alerter

Un avertissement de certificat dans le navigateur, une application qui demande d'accepter une exception de sécurité, un site dont certaines pages seulement sont en HTTPS.

Ces signes ne prouvent rien à eux seuls. Ils justifient de regarder, pas de conclure.

Chercher un produit

Pour savoir si un logiciel que vous utilisez est concerné par une faille de cette famille ou d'une autre, cherchez-le directement :

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